La demande d'huile d'olive égyptienne augmente suite à la libéralisation du taux de change
La dévaluation de la livre égyptienne rend les exportations d'huile d'olive du pays plus compétitives sur les marchés internationaux.
Dans le but de stimuler son économie et d'attirer les investisseurs étrangers, l'Égypte a abandonné le 3 novembre dernier le taux de change fixe de 8,8 livres égyptiennes pour un dollar américain. Cette mesure a entraîné une dépréciation de moitié de la livre égyptienne, offrant ainsi aux producteurs d'huile d'olive du pays une opportunité d'exportation.
L'industrie égyptienne de l'huile d'olive a connu une croissance considérable ces dernières années. La production a été multipliée par dix entre 2005 et 2015, passant de 2 500 à 25 000 tonnes. Les exportations d'huile d'olive ont également augmenté au cours de cette période, passant de 500 à 5 000 tonnes.
La mise en flottement de la livre égyptienne sur les marchés internationaux s’inscrit dans le cadre d’un effort global du gouvernement visant à relancer l’économie du pays après des années de troubles politiques, notamment la destitution de Hosni Moubarak en 2011 et le coup d’État militaire qui a renversé son successeur, Mohammed Morsi. Cette mesure a permis à l’Égypte d’obtenir un prêt de 12 milliards de dollars sur trois ans auprès du Fonds monétaire international, le plus important de ce type jamais enregistré au Moyen-Orient.
La libéralisation de la monnaie, associée à une baisse de l'offre mondiale et à une hausse de la demande, a également contribué à dynamiser certains des plus grands producteurs d'huile d'olive d'Égypte. Wadi Food, une filiale du groupe Wadi, a enregistré une hausse de 40 % de son chiffre d'affaires en 2016, principalement grâce aux exportations d'olives. Des chiffres de croissance similaires ont été publiés par la société Olivee, qui a vu ses exportations d'huile d'olive augmenter de 65 % pour atteindre 19,5 millions de dollars en 2016.
Malgré l’optimisme croissant concernant les ventes d’huile d’olive, l’économie égyptienne dans son ensemble continue de se contracter. L’indice des directeurs d’achat (PMI) d’Emirates NBD pour l’Égypte, publié récemment, a atteint 46,7 en février, contre 43,3 en janvier. Si la progression de ces chiffres indique l’accélération la plus rapide de l’activité économique égyptienne depuis 2014, le PMI doit dépasser 50 pour signaler le début d’une expansion économique.
Les exportations d'huile d'olive égyptienne et d'autres matières premières ne sont pas les seuls secteurs susceptibles de bénéficier de la flottation de la monnaie du pays. Le tourisme devrait reprendre, les offres devenant plus abordables pour les étrangers. Le secteur a subi une forte contraction ces dernières années en raison des troubles politiques, des accidents d’avion et des problèmes de sécurité, passant d’un pic de 14 millions de visiteurs en 2010 à 9,4 millions en 2016. Cependant, les visites touristiques de personnalités en Égypte, notamment l’arrivée récente de l’acteur américain Will Smith, contribuent à attirer de nouveaux visiteurs.
La perception de l’Égypte en tant que destination touristique et d’investissement, ainsi que comme source de produits agricoles méditerranéens, devrait également être influencée dans les mois à venir, suite à l’engagement par le gouvernement de deux agences de relations publiques basées à Washington. Une amélioration de l’image de l’Égypte aux États-Unis et une monnaie dévaluée pourraient entraîner une augmentation des importations d’huile d’olive égyptienne aux États-Unis.