Les olives de Kalamata vont être inscrites sur la liste nationale grecque des variétés végétales

Les autorités grecques souhaitent exploiter commercialement le nom de « Kalamata » afin d'améliorer les perspectives commerciales.

Lors d'un congrès qui s'est tenu à Patras au début du mois, le ministre grec du Développement rural et de l'Alimentation, Vangelis Apostolou, a annoncé que la variété d'olives de table « Kalamata » allait être inscrite sur la liste nationale des variétés végétales de Grèce. L'objectif est de permettre la coexistence de deux produits distincts — les olives « Kalamata » et les olives « Kalamata AOP » —, offrant ainsi une solution aux producteurs situés en dehors de la région de Messénie.

« Nous voulons renforcer la « Kalamata PDO » en rehaussant ses normes de qualité tout en permettant au cultivar Kalamata d’être commercialisé librement sur les marchés européens et internationaux. » – Vangelis Apostolou, ministre du Développement rural et de l’Alimentation

Actuellement, la variété d’olives de Kalamata porte le label « Appellation d’origine protégée » (AOP), utilisé pour communiquer sa qualité aux consommateurs de l’Union européenne et au-delà. Une AOP est attribuée à l’issue d’un processus long et rigoureux au cours duquel des exigences techniques doivent être respectées.

Les labels AOP sont toutefois, par défaut, limités géographiquement et ne désignent que les produits fabriqués dans des zones spécifiques des pays membres de l’Union européenne. Dans le cas des olives de Kalamata, le label est utilisé spécifiquement pour les olives produites dans la région de Messénie, au sud-ouest du pays, ce qui a conduit les producteurs d’autres régions à se plaindre de la dévalorisation de leurs olives, qui sont pourtant de la même variété.

Le ministre est désormais intervenu pour régler cette question en s’engageant à ajouter le cultivar d’olives de Kalamata (parfois commercialisées sous le nom d’olives Kalamon) à la liste nationale des variétés végétales, créant ainsi une nouvelle variété commerciale d’olives de table.

M. Apostolou a expliqué que l’intention du ministère est de promouvoir ces deux produits et de gagner des parts de marché encore plus importantes. « La Grèce occupe la deuxième place mondiale en matière d’exportations d’olives de table », a-t-il déclaré. « La valeur des exportations dépasse les 300 millions d’euros (366 millions de dollars) et la majeure partie provient des olives de Kalamata, dont 80 % de la production totale, soit environ 40 000 tonnes, sont exportées. »

« Au total, 21 entreprises ont été certifiées pour la transformation et le conditionnement des olives de Kalamata AOP, avec des volumes s’élevant à 190 tonnes en 2011, 53 tonnes en 2012, 233 tonnes en 2014 et 277 tonnes en 2015. Les olives de Kalamata qui ne portaient pas le label AOP ont rencontré de nombreux problèmes au cours des cinq dernières années… Cela a permis à nos concurrents internationaux d’en tirer parti et de combler les lacunes sur les marchés en utilisant à maintes reprises l’appellation « olives de Kalamata » pour désigner leurs produits », a expliqué M. Apostolou.

« Avec la solution proposée, qui est conforme à la législation de l’Union européenne, nous avons l’intention de permettre la coexistence des deux produits et de mettre en place des politiques qui renforceront leur position sur le marché. En d’autres termes, nous voulons renforcer l’« AOP olives de Kalamata » en rehaussant ses normes de qualité et, dans le même temps, permettre au cultivar Kalamata d’être librement commercialisé sur les marchés européens et internationaux. »

Sans surprise, la déclaration du ministre n’est pas passée sans susciter de critiques en Messénie. Le SYMEPOP, l’association des producteurs locaux d’olives de table, s’est opposé à la commercialisation du nom « olives de Kalamata » en faisant valoir que la Grèce a supprimé ses labels AOP pour de nombreux produits et prévoit désormais de faire de même pour les olives de Kalamata, l’une de ses marques les plus fortes dans le secteur alimentaire à l’échelle mondiale.

Le maire de la ville de Kalamata, Panayiotis Nikas, a sommé M. Apostolou de revenir sur sa « décision catastrophique » qui, si elle est maintenue, « permettra à n’importe qui dans le monde d’appeler ses produits « olives de Kalamata » à condition qu’ils proviennent de la variété Kalamata ».

Il reste à voir de quelle manière la libération de l’utilisation de ce nom affectera la production et les exportations.