Les poissons d'élevage tirent profit de la présence d'huile d'olive dans leur alimentation

La dorade nourrie à l'huile d'olive vient s'ajouter à la liste, de plus en plus longue, des animaux d'élevage qui tirent manifestement profit d'un régime alimentaire comprenant des sous-produits de l'olive.

Les résultats d'une nouvelle étude suggèrent que l'extrait d'huile d'olive est bénéfique pour la santé des poissons d'élevage et semble prometteur en tant qu'ingrédient dans les aliments pour poissons.

Cette étude, intitulée « Les composés bioactifs de l’huile d’olive augmentent le poids corporel et améliorent la santé et l’intégrité intestinales chez la dorade royale », a été publiée dans The British Journal of Nutrition.

Au cours de cette étude de 90 jours, 1 500 daurades royales (Sparus aurata) d'élevage ont été réparties dans 20 bassins et nourries deux fois par jour. L'huile de poisson présente dans les aliments aquacoles a été remplacée par un extrait bioactif d'huile d'olive (OBE) riche en polyphénols. Quatre concentrations d’OBE ont été testées : 0,08, 0,17, 0,42 et 0,73 %.

Les résultats ont montré que les poissons nourris avec des concentrations d’OBE de 0,17 et 0,42 % pesaient 5 % de plus que les autres poissons. L’extrait semblait également réduire la taille des dépôts graisseux dans le foie, ce qui suggère qu’il pourrait potentiellement améliorer la santé intestinale des poissons.

La recherche a également conclu que cet additif avait le potentiel d’améliorer l’état et le rôle défensif de l’intestin en favorisant la maturation des entérocytes, en réduisant le stress oxydatif, en améliorant l’intégrité de l’épithélium intestinal et en renforçant la fonction immunitaire innée de l’intestin, comme l’indiquaient les données d’expression génique.

L’industrie de l’alimentation aquacole est sous pression pour trouver des alternatives durables à base de végétaux aux ingrédients d’origine marine, afin de répondre à la demande croissante d’aliments rentables pour les poissons d’élevage, qui représentent désormais environ 50 % de l’ensemble des poissons consommés.

A school of fish swims underwater in a clear blue ocean.

Yannis Papadopoulos, de Corfu Sea Farm, a déclaré à Olive Oil Times : « Les ingrédients entrant dans la composition des aliments pour poissons peuvent avoir un impact considérable sur la santé et la croissance des poissons. »

Parmi les défis liés à la production d’aliments aquacoles à base de plantes, il faut citer la recherche d’ingrédients végétaux adaptés aux poissons carnivores, le maintien de niveaux satisfaisants d’acides gras oméga-3 chez les poissons et la nécessité de convaincre les aquaculteurs qui exigent des teneurs spécifiques en huile et en farine de poisson.

La dorade nourrie à l’huile d’olive est venue s’ajouter à une liste croissante d’animaux d’élevage dont il a été démontré qu’ils tiraient profit d’un régime alimentaire comprenant des sous-produits de l’olive. Les vaches nourries à l’huile d’olive sur l’île japonaise de Shodoshima sont en meilleure santé que leurs congénères et leur bœuf Sanuki Wagyu est salué pour son goût et sa texture supérieurs.

Plus tôt cette année, Euronews a consacré un reportage à des porcelets belges nourris d’un mélange de résidus d’huile d’olive, de soja et de céréales. Ces porcelets ont fait l’objet d’une observation scientifique visant à déterminer si ce mélange améliorait la santé et la productivité des animaux.

Les scientifiques se sont attachés à identifier les composants les plus bénéfiques dans ces déchets alimentaires prometteurs mais sous-évalués, afin de dresser un catalogue de déchets prometteurs pouvant servir d’aliments pour animaux et être commercialisés d’ici deux à trois ans.