La Corse récompense un producteur pour ses olives cueillies et celles tombées

Une productrice d'huile d'olive corse craignait pour ses oliveraies après la propagation de la bactérie Xylella fastidiosa sur l'île, mais pour la troisième année consécutive, Fabienne Maestracci a été récompensée pour la qualité de son travail.

À la même époque l'année dernière, Fabienne Maestracci, oléicultrice, craignait que ses oliviers ne doivent être abattus. Elle n'était pas la seule : les 500 producteurs d'huile d'olive de l'île étaient inquiets après que la redoutable bactérie Xylella fastidiosa eut été repérée à Bonifacio, à l'extrémité sud de l'île de la Beauté.

Le ministre français de l’Agriculture s’est rendu sur place, les plantes infectées ont été brûlées, et tout le monde a poussé un soupir de soulagement.

« Les arbres ont des centaines d’années, ils ne sont pas alignés et ils sont très hauts, ce qui rend la récolte difficile.» – Fabienne Maestracci

Les choses sont différentes cette année. Les méthodes de récolte de Fabienne Maestracci pour son monovariétal ont été récompensées par une double distinction lors de la Fiera di l’alivu, le salon corse de l’huile d’olive qui se tient chaque année à la mi-juillet. Elle a reçu une distinction pour avoir récolté son huile d’olive à l’aide d’un filet, et une autre pour avoir récolté directement sur l’arbre.

C’était la première fois que de telles distinctions étaient décernées par le syndicat des producteurs d’huile d’olive de Corse depuis que L’Huile d’Olive de Corse-Oliu di Corsica a décidé l’année dernière de classer l’huile d’olive de l’île en deux catégories distinctes.

Très travailleuse, Mme Maestracci a expliqué pourquoi la récolte des olives de ses 550 arbres est délicate et risquée. « Les arbres sont vieux, ils ont des centaines d’années, ils ne sont pas alignés et ils sont également très hauts, ce qui rend la cueillette difficile. »

Mme Maestracci commence la récolte début novembre et la termine en février. « C’est une longue période, tout peut arriver. De plus, nous cueillons les olives mûres, nous devons donc travailler rapidement », a-t-elle déclaré.

La taille de la variété locale Zinzala dans sa plantation est une affaire sérieuse. Les oliviers Zinzala s’adaptent bien aux hivers très froids et aux étés chauds, mais ils poussent à l’horizontale, ce qui nécessite beaucoup de taille. Maestracci a perfectionné la technique japonaise de taille, à laquelle elle attribue son succès.

Ses clients, explique-t-elle, adorent les huiles récoltées selon la méthode traditionnelle, où les olives mûres tombent naturellement sur des filets, et ils savent faire la différence entre les huiles.

L'huile issue des olives mûres de Zinzala a une saveur proche de celle des amandes et des noix. Fabienne précise que l'huile obtenue par la méthode des filets a un goût d'amandes séchées, tandis que celle issue des olives cueillies directement sur l'arbre a un goût d'amandes fraîches.

Elle s’inquiète constamment de la Xylella fastidiosa et estime qu’il faut faire davantage pour éliminer la maladie, non seulement en Corse mais partout ailleurs. Bien qu’il existe certains contrôles sanitaires, elle estime que les autorités devraient accorder plus d’attention à la traçabilité lors de l’importation de plantes.

« Nous, les producteurs d’huile d’olive, devons indiquer la date de mise en bouteille sur nos bouteilles, mais quand on achète une plante, même le pays d’origine n’est pas mentionné. »

La région méditerranéenne sera toujours menacée, et même les murs en pierres sèches du verger de Maestracci ne peuvent pas protéger entièrement ses oliviers Zinzala. Plus que tout, elle souhaite perpétuer la tradition corse de la production d’huile d’olive douce. Et son Oliu di Aliva est l’une des meilleures.