De nouvelles solutions pour la gestion des eaux usées des moulins à huile d'olive
Les eaux usées des moulins à huile d'olive ont été traitées afin d'évaluer les caractéristiques obtenues grâce à un système à membrane intégré fonctionnant à deux facteurs de concentration volumique différents.

En gros, le broyage d'une olive donne deux produits : de l'huile d'olive et de l'eau. Nous savons quoi faire de l'huile. La gestion de l'eau, en revanche, constitue un défi délicat et coûteux.
La gestion des eaux usées reste un problème crucial et non résolu, en particulier dans les régions où elles sont produites en quantités considérables.
Pourtant, ces sous-produits contiennent également des composés phénoliques reconnus pour leurs propriétés anti-inflammatoires et antimicrobiennes.
C'est pourquoi plusieurs approches ont été étudiées pour récupérer les composés bioactifs contenus dans les eaux usées des moulins à huile d'olive afin de les exploiter dans des applications pharmaceutiques, nutritionnelles et cosmétiques.
Nous avons déjà évoqué une recherche sur les sous-produits de l'huile d'olive coordonnée par le professeur Maurizio Servili de l'Università di Perugia.

Aujourd'hui, une autre étude italienne sur les traitements et applications possibles des eaux usées des moulins à huile (OMW) a été menée par le Dr Giuseppe Di Lecce et ses collègues chercheurs (Alfredo Cassano, Alessandra Bendini, Carmela Conidi, Lidietta Giorno et Tullia Gallina Toschi) à l'Université de Bologne.
Les chercheurs soulignent que la composition des OMW présente une grande variabilité en fonction de plusieurs paramètres tels que la variété, la période de récolte et la technologie d'extraction de l'huile.
Les OMW sont des effluents liquides foncés caractérisés par de fortes concentrations de composés organiques, notamment des acides organiques, des sucres, des tanins, des pectines et des substances phénoliques qui les rendent phytotoxiques et inhibent l'activité bactérienne.
En termes de pollution, un mètre cube d’OMW équivaut à 100–200 mètres cubes d’eaux usées domestiques. Son rejet incontrôlé dans les réservoirs d’eau entraîne de graves problèmes pour l’ensemble de l’écosystème.
Dans l’étude de Di Lecce, les eaux usées des moulins à huile d’olive ont été traitées afin d’évaluer les caractéristiques des fractions de perméat et de rétentat produites par un système membranaire intégré fonctionnant à deux facteurs de concentration volumique différents.
Les chercheurs ont évalué l’effet de deux étapes de filtration membranaire (microfiltration et nanofiltration) sur la teneur en demande chimique en oxygène, la matière sèche, la qualité sensorielle, les composés phénoliques et l’activité antioxydante des échantillons de perméat et de rétentat.
Le double traitement par microfiltration et nanofiltration a généré un produit liquide propre pouvant être recyclé comme eau de process, ainsi que des fractions de rétentat de faible poids moléculaire présentant une concentration significative en composés phénoliques. En fonction du degré de pureté et des propriétés sensorielles spécifiques, celles-ci peuvent être destinées à la récupération de molécules à activité antioxydante ou utilisées dans différents secteurs tels que la production d’engrais, la nutrition animale et les industries alimentaire et pharmaceutique.
Le procédé intégré s’est révélé être une approche valable pour produire des extraits phénoliques précieux pour plusieurs branches de l’industrie, et les résultats de l’étude suggèrent qu’il existe une « hypothèse durable de « pratique industrielle normale » pouvant être intégrée aux procédés actuels d’extraction d’huile, afin de purifier l’eau et de récupérer des composés phénoliques à haute valeur ajoutée ».
La recherche a été présentée à l’occasion d’une réunion sur l’innovation technologique en Calabre, à la station expérimentale de l’Agence régionale de développement agricole de Gioia Tauro, organisée par l’Apor (association des producteurs d’huile d’olive de Calabre) en collaboration avec la région de Calabre, l’université de Bologne et l’Institut de technologie membranaire de l’université de Calabre à Rende.