L’Esperantine de Marseille

Emily Monaco fait un saut à une exposition sur le chocolat à Paris et y découvre une gourmandise unique originaire de Marseille, ville portuaire de la Méditerranée, préparée à base d'huile d'olive extra vierge.

Par Emily Monaco | Reportage depuis Paris

Le Salon du Chocolat à Paris est un véritable Disneyland pour les accros au chocolat… avec cette impression écrasante qu’il y a tout simplement trop de choses à découvrir. Les truffes abondent ; les tablettes de chocolat embaument l’air d’un parfum presque écœurant de cacao et de sucre… alors quand quelque chose de différent attire mon attention, je me jette dessus sans hésiter.

L’Esperantine de Marseille est unique à bien des égards, à commencer par sa couleur vert vif qui la distingue des différentes nuances de brun que l’on voit dans les vitrines des stands qui bordent l’immense hall. Je découvre rapidement, grâce aux représentants serviables de cette petite entreprise du sud de la France, que les différences vont bien au-delà de ce que l’on voit au premier coup d’œil.

« Voulez-vous goûter ? » Une femme me tend un plateau de bonbons verts en forme de feuilles d’olivier coupées en deux, révélant un intérieur blanc et moelleux. Pendant que je goûte, elle nomme les saveurs qui me viennent peu à peu à l’esprit, une combinaison si inhabituelle dans un chocolat.

« Amandes, écorces d’orange et menthe », me dit-elle. Je laisse l’enveloppe de chocolat fondre sur ma langue tandis que les saveurs qu’elle a énumérées se révèlent lentement : des amandes, douces et moelleuses comme du massepain, avec juste assez de texture pour deviner que ce sont les amandes elles-mêmes qui lient la garniture. Viennent ensuite les écorces d’orange, juste assez amères pour contrebalancer la douceur du chocolat et de la pâte d’amandes sucrée. La menthe arrive en dernier, à peine perceptible, jouant timidement avec le vert de la coque du chocolat. J’ai immédiatement envie d’en reprendre un, mais le plateau est déjà passé à quelqu’un d’autre.

L’huile d’olive apporte une note de noblesse qui enchante sans cesse le palais. – l’Esperantine de Marseille

« Bien sûr », poursuit-elle, « l’huile d’olive ». L’huile d’olive est la dernière saveur, juste assez vague pour qu’on ne la remarque pas jusqu’à ce qu’on la reconnaisse, et alors on ne peut nier son parfum mûr, son fruité vert qui s’oppose aux saveurs plus traditionnelles des confiseries. La femme attire mon attention sur les affiches qui s’étaient fondues dans l’agitation autour de l’étal ; c’est, après tout, pour cet ingrédient que l’Espérantine est le plus louée.

Un bout de papier, affiché à l’écart des présentoirs de feuilles d’olivier en chocolat et de petites olives en chocolat, m’informe que cette confiserie a remporté le prix Cordon Bleu de la meilleure confiserie lors du salon INTERSUC 2000 à Paris. On comprend aisément pourquoi. Fabriquée sans conservateurs et à partir des meilleurs ingrédients, notamment de la pâte d’amande, du chocolat noir à 70 %, de la menthe, des amandes, des écorces d’orange confites et, bien sûr, de l’huile d’olive, l’Espérantine est une confiserie que l’on ne trouve généralement pas dans un supermarché ou une confiserie ordinaire. L’huile d’olive apporte à la fois saveur et texture tout en remplaçant les matières grasses habituelles telles que la matière grasse laitière, souvent utilisées dans la fabrication du chocolat, en particulier pour les chocolats fourrés comme l’Espérantine.

Mais surtout, l’huile d’olive s’inscrit dans la lignée des ingrédients du sud que le créateur de cette confiserie, Francesco Martorana, chérit tant : c’est, après tout, l’huile d’olive qui « apporte une note de noblesse qui enchante sans cesse le palais ». Les éléments du désormais célèbre régime méditerranéen se retrouvent dans la recette de l’Espérantine, que Martorana a créée avec l’idée d’allier nutrition, santé et saveur. L’Espérantine ne contient donc que de l’huile d’olive extra-vierge biologique de haute qualité qui, à l’instar des vins et fromages français
les plus précieux, est protégée par une réglementation stricte et une appellation d’origine contrôlée (AOC).

Les fabricants de l’Espérantine font preuve d’autant de soin dans la vente de leur produit, en veillant à toujours traiter directement avec les clients. Il peut donc être difficile de se procurer des échantillons de cette délicatesse, surtout depuis l’étranger, mais vous pouvez commander l’Espérantine dans plusieurs coffrets différents via le site web de l’entreprise. L’un de ces coffrets, le Duo AOC, est le cadeau idéal pour les amateurs d’huile d’olive, car il contient non seulement un paquet des célèbres bonbons, mais aussi une bouteille d’huile d’olive Château Vivant, médaillée d’or, provenant de la ville voisine d’Aix-en-Provence.

Au Salon du Chocolat, de petits coffrets contenant à la fois les chocolats fourrés et les petites olives étaient empilés derrière le comptoir pour la vente. Je regardais avec envie l’un des coffrets, envisageant d’en acheter un pour le ramener chez moi et le déguster luxueusement un par un, en laissant les chocolats fondre pour révéler leurs multiples saveurs encore et encore. Heureusement, la vendeuse a croisé mon regard.

« Voulez-vous goûter ? » m’a-t-elle demandé avec un sourire malicieux, comme si elle n’avait pas remarqué que je fixais les vitrines depuis le moment où elle m’avait proposé ma première dégustation quelques secondes auparavant. Je me suis servie d’un autre morceau et j’ai fermé les yeux pour laisser chaque saveur m’envahir à nouveau : amande, zeste d’orange, menthe, chocolat, huile d’olive. La perfection.