La nouvelle référence en matière d'or en Afrique du Sud
Sensibiliser le public est essentiel pour réduire la dépendance vis-à-vis des importations et faire en sorte que tous les Sud-Africains puissent profiter du potentiel de cet « or liquide ».

L'industrie sud-africaine de l'huile d'olive est relativement jeune par rapport aux pays européens qui produisent de l'huile d'olive depuis des centaines d'années. Malgré ce démarrage tardif, les huiles d'olive sud-africaines n'ont rien à envier aux meilleures du monde, plusieurs producteurs locaux ayant récemment remporté les plus hautes distinctions lors de concours internationaux d'huile d'olive.
Alors que ces huiles d’olive continuent de susciter à l’étranger l’intérêt qu’elles méritent, le paradoxe pour l’Afrique du Sud reste que la demande locale est dominée par les importations (80 % de toute l’huile d’olive consommée est importée). Dans un secteur international envahi par des huiles bon marché et des imitations, souvent mal étiquetées, voire soumises à des manipulations chimiques, cela a des implications importantes pour le consommateur sud-africain, d’autant plus que le marché local est entièrement autorégulé.
SA Olive (SAO), l’association volontaire représentant le secteur oléicole du pays, a lancé une étude de marché approfondie afin de tester et de comparer la qualité des huiles d’olive extra vierges locales à celle des huiles importées. L’objectif principal de cette étude, menée en 2011, était d’informer le public sur la qualité réelle des huiles d’olive disponibles en Afrique du Sud.
À l’aide de paramètres et de technologies mis au point par le Conseil oléicole international (COI), l’étude a révélé qu’aucune des huiles locales ne présentait de signe de non-conformité, alors que 26 % des huiles importées étaient faussement étiquetées comme « extra vierge ». Plusieurs importateurs ont été dénoncés pour avoir fait passer des huiles d’olive de qualité inférieure pour des huiles vierges.
Les tests de qualité de l’huile d’olive revêtent une importance particulière, car il n’existe actuellement aucune réglementation ni législation régissant les importations d’huile d’olive en Afrique du Sud. Il est donc essentiel que les consommateurs puissent distinguer la qualité des différentes variétés et marques d’huile d’olive proposées.
Le programme « Commitment To Compliance » (CTC), une initiative de SA Olive, a été mis en place pour aider les consommateurs dans ce choix. Le label de qualité CTC indique que l’huile est 100 % sud-africaine et que le producteur s’engage à respecter un étiquetage véridique et à se conformer aux normes des codes de bonnes pratiques de SA Olive, qui s’appuient sur des normes de qualité internationales. Le label mentionne également l’année de récolte, ce qui témoigne de la fraîcheur de l’huile.
Un autre aspect trompeur de l’industrie actuelle de l’huile d’olive en Afrique du Sud concerne les prix. Les consommateurs ont souvent l’impression que les huiles d’olive haut de gamme atteignent souvent des prix élevés. Cependant, l’étude menée par SA Olive a démontré le contraire. Elle a montré que le prix moyen de toutes les huiles d’olive testées était de 62,68 rands (7,66 dollars) pour 500 ml. Le prix moyen des huiles pouvant être classées à juste titre comme « extra vierges » s’élevait à 65,19 rands (7,96 dollars) pour le même volume. C’est un écart minime à payer pour certaines des meilleures huiles d’olive au monde.
Le prix des huiles d’olive importées constitue toutefois une source de préoccupation pour les agriculteurs et les producteurs sud-africains. Les agriculteurs européens reçoivent chaque année des millions d’euros afin de subventionner leurs prix et de maintenir la compétitivité de leur secteur sur les marchés d’exportation. Il en résulte que les huiles importées, telles que celles provenant d’Italie ou d’Espagne, bénéficient souvent de marges plus élevées que les huiles d’olive produites localement, qui ne bénéficient d’aucune subvention.
En l’absence de réglementation visant à contrôler à la fois le prix et la qualité des importations, l’étude menée par SA Olive souligne l’importance d’informer le consommateur sur les avantages liés au choix des huiles d’olive locales.
De la récolte à la production, le caractère à forte intensité de main-d’œuvre de ce secteur garantit chaque année des opportunités d’emploi à des milliers de Sud-Africains. Les producteurs sud-africains bénéficient également d’un avantage lié au décalage saisonnier : ils pressent leurs huiles pendant la saison creuse en Europe, lorsque l’huile se fait rare et que la demande dans les pays du Nord pour une « saveur fraîchement pressée » est forte. Les Sud-Africains devraient être tout aussi fiers de leurs huiles d’olive que de leurs grands vins. Sensibiliser le public est essentiel pour réduire la dépendance vis-à-vis des importations et veiller à ce que le potentiel de cet « or liquide » profite à tous les Sud-Africains.