La France annule la hausse de la taxe sur l'huile de palme

L'Indonésie a menacé de ne pas acheter l'Airbus A400M militaire si la loi sur la biodiversité était adoptée.

Le gouvernement français a décidé de supprimer toute taxe supplémentaire sur l'huile de palme destinée à l'alimentation. Cette décision a été saluée par le Conseil malaisien de l'huile de palme, qui a déclaré que cette taxe supplémentaire « aurait privé de travail des milliers de petits agriculteurs ». L'organisation a exhorté le gouvernement français à abandonner « une fois pour toutes » ce qu'elle considérait comme une campagne fiscale injuste à l'encontre de l'huile de palme.

La taxe sur l’huile de palme est un sujet récurrent, abordé pour la première fois en 2012 dans un contexte de préoccupations environnementales, puis débattu au Sénat et à l’Assemblée nationale — les législateurs chargés de la décision finale.

Surnommée la « taxe Nutella » en raison de l’engouement des Français pour cette pâte à tartiner italienne, la mesure initialement prévue pour l’huile de palme aurait fait passer la taxe de 100 € par tonne à 300 € (326 $) par an à partir de 2017. Cela aurait signifié une augmentation à 500 euros par tonne en 2018, 700 euros par tonne en 2019 et 900 euros par tonne en 2020.

Cependant, les vives protestations de la Malaisie et de l’Indonésie — les deux plus grands producteurs d’huile de palme — ont conduit l’Assemblée nationale française à approuver la mise en place d’une surtaxe progressive commençant à 30 € (34 $) en 2017, 50 € en 2018 et 90 € en 2020, une réduction considérable par rapport à la proposition initiale.

L'huile de palme est l'une des huiles végétales les moins taxées en France. Cependant, le nouveau projet de loi sur la biodiversité, dans lequel figurait la taxe sur l'huile de palme, n'a pas été approuvé par l'Assemblée nationale en juin 2016, ce qui a entraîné la suppression pure et simple de cette taxe supplémentaire. Le secrétaire d'État français a déclaré au Parlement qu'il existait une certaine incertitude juridique concernant cette loi qui ne visait qu'un seul type d'huile végétale.

Le quotidien français Le Dauphiné a rapporté qu’il s’agissait d’une « bataille de lobbying diplomatique et commercial ». Le journal a indiqué que l’Indonésie avait menacé de ne pas acheter l’Airbus A400M militaire proposé si la loi sur la biodiversité était adoptée.

Le ministre indonésien de la Défense a déclaré à Reuters en mai que son pays prévoyait d’acheter quelques avions de transport militaire. Le ministre Ryamizard Ryacudu a déclaré : « J’ai l’intention d’acheter des A400 en Europe… mais seulement en petit nombre. Il n’est pas nécessaire d’en acheter beaucoup. » En effet, l’économie française subirait un coup dur si cette menace venait à se concrétiser.

Les associations de protection de l’environnement et de défense des consommateurs du monde entier restent préoccupées par la destruction des forêts et les conséquences néfastes de l’huile de palme sur la santé.