Décès de Paul Bocuse, célèbre chef français
Le président français Emmanuel Macron a pris la tête des hommages en déclarant : « Les chefs pleurent dans leurs cuisines, à l’Élysée et partout en France. Mais ils poursuivront son œuvre. »
Les hommages affluent depuis le décès de Paul Bocuse, l’un des chefs les plus influents au monde. Le « pape de la cuisine française » s’est éteint samedi à l’âge de 91 ans. Il souffrait de la maladie de Parkinson et avait subi un triple pontage coronarien en 2005.
« Aujourd’hui, la gastronomie française perd une figure mythique qui l’a profondément transformée.
Le président français Emmanuel Macron a rendu hommage à Paul Bocuse, le qualifiant d’« incarnation même de la cuisine française ». Dans un communiqué publié par l’Élysée, M. Macron a déclaré : « Son nom à lui seul résumait la gastronomie française dans sa générosité, son respect de la tradition mais aussi son inventivité. Aujourd’hui, la gastronomie française perd une figure mythique qui l’a profondément transformée. » Il a ajouté : « Les chefs pleurent dans leurs cuisines, à l’Élysée et partout en France. Mais ils poursuivront son œuvre. »
En 2004, Bocuse a reçu l’une des plus hautes distinctions civiles françaises en étant nommé Commandeur de la Légion d’honneur. Il a été sacré « chef du siècle » par le guide gastronomique Gault Millau en 1987, puis par le Culinary Institute of America en 2011.
Le restaurant lyonnais de Bocuse, « l’Auberge du Pont de Collonges », avec son plat signature, la soupe à la truffe noire nappée de pâte feuilletée, a obtenu trois étoiles Michelin. Le chef a ensuite ouvert des restaurants en France, en Suisse et au Japon, ainsi qu’une école de cuisine près de Lyon. En 1987, Bocuse a lancé le prestigieux concours international de gastronomie, le Bocuse d’Or, au cours duquel des chefs du monde entier s’affrontent devant un public.
Ce chef de renom, devenu une superstar culturelle, n’était pas opposé à l’autopromotion et déclarait en 1976 au magazine People : « Il faut se faire connaître dans la vie ; Dieu est déjà célèbre, mais cela n’empêche pas le prêtre de sonner les cloches de l’église chaque matin. »
Les mémoires de Bocuse, Paul Bocuse : The Sacred Fire, publiées en 2005, étaient bien plus osées que ses livres de cuisine et ont fait beaucoup de bruit en révélant que, pendant plus de 30 ans, Bocuse avait entretenu des relations avec deux maîtresses, en plus de sa femme avec qui il avait eu une fille. L’une de ses maîtresses était la mère de son fils Jérôme.
Le « pape de la cuisine française » a publié plusieurs livres de cuisine, notamment *La cuisine française de Paul Bocuse* ; *Paul Bocuse dans votre cuisine : une introduction à la cuisine française classique* ; *Bocuse à la carte* ; et *Paul Bocuse : l’intégrale des recettes*.
Ce génie culinaire était un chef de file du mouvement de la nouvelle cuisine et s’attachait à ravir les yeux et à titiller l’imagination autant qu’à satisfaire le palais. Il fut l’un des premiers chefs à innover dans la cuisine française classique dans les années 1960 et 1970 et a façonné son propre style culinaire en utilisant des ingrédients frais, des sauces plus légères et en fusionnant de nouvelles saveurs avec des techniques classiques.
Paul Bocuse est né le 11 février 1926 dans une famille de cuisiniers à Collonges-au-Mont-d’Or. Sa carrière a débuté par un apprentissage dans un restaurant local et, bien que celui-ci ait été interrompu par le début de la guerre, il a ensuite repris sa formation à La Mère Brazier, un restaurant lyonnais trois étoiles Michelin tenu par Eugénie Brazier.
En 1956, Bocuse est retourné au restaurant familial, l’Auberge du Pont de Collonges. Deux ans plus tard, celui-ci a obtenu sa première étoile Michelin. Les nappes en papier et les couverts en acier inoxydable du restaurant ne l’ont pas empêché d’obtenir sa deuxième étoile en 1960.
Malgré sa renommée internationale, Bocuse est resté profondément attaché à Lyon, où il se passionnait pour les plats locaux et continuait à dormir dans la chambre où il était né.
La nouvelle du décès de Bocuse a été annoncée par sa famille dans un communiqué. Il laisse derrière lui son épouse Raymonde, leur fille Françoise et son fils Jérôme.