Les oliviers sacrés : l'arbre d'Athéna sur l'Acropole
Au sommet de l'Acropole d'Athènes se dresse un olivier qui incarne des siècles de dévouement et de vénération.
Au sommet de l'Acropole d'Athènes se dresse un olivier qui symbolise des siècles de dévotion et de vénération. Bien qu'il ne s'agisse pas de l'arbre « d'origine » vénéré par les pieux Athéniens il y a plus de 2 500 ans, il se trouve néanmoins à peu près au même endroit que celui-ci. Cet arbre a joué un rôle central dans le mythe fondateur d'Athènes, car il a établi la primauté de la déesse Athéna au sein de la ville qui allait porter son nom.
La légende raconte que Zeus organisa un concours entre Athéna et Poséidon pour la possession d’Athènes. Poséidon brandit son trident à trois pointes, le frappa contre la roche dure de l’Acropole et une source d’eau salée jaillit. Athéna, quant à elle, fit naître un olivier, dont les fruits riches pendaient en abondance des branches. Cette confrontation dramatique entre les deux puissants dieux de l’Olympe a été immortalisée dans la pierre, représentée sur les sculptures du fronton ouest du Parthénon.
Les Athéniens choisirent le don d’Athéna et, depuis lors, l’olivier est resté au cœur de la vie grecque grâce à toutes ses qualités exceptionnelles. Ses feuilles ont servi à couronner la tête des athlètes victorieux, des généraux et des rois ; son bois a servi à construire des maisons et des bateaux ; son huile a alimenté les lampes, a été appliquée sur les corps toniques et musclés d’athlètes agiles, a été ajoutée à tous les plats ; et les olives elles-mêmes constituent un aliment de base du régime méditerranéen et un produit d’exportation précieux, tant dans l’Antiquité qu’aujourd’hui. Même les célèbres pièces de monnaie athéniennes de quatre drachmes arboraient des feuilles de branche d’olivier apparaissant à gauche de la chouette d’Athéna.

Au sommet de l’Acropole d’Athènes se dresse un olivier qui symbolise des siècles de dévotion et de vénération.
Mais l’olivier de l’Acropole athénienne revêtait une importance particulière par rapport à tous les autres en raison de sa provenance divine. Un temple dédié à Athéna Polias (« de la ville ») fut construit vers 525 av. J.-C., abritant à l’intérieur une statue de culte xoan — elle-même sculptée dans du bois d’olivier — ainsi qu’un enceinte créée pour l’olivier sacré d’Athéna. Lorsque les armées perses du Grand Roi Xerxès balayèrent la Grèce et pillèrent Athènes en 480 av. J.-C., les bâtiments de l’Acropole furent incendiés et détruits. Pourtant, Hérodote nous raconte que l’olivier « poussa le jour même jusqu’à une hauteur de deux coudées » (90 cm). Des graines provenant des restes de cet arbre furent replantées dans toute l’Attique et, de cette manière, toutes les oliveraies entourant Athènes renferment une part de l’arbre originel d’Athéna.
Plus tard, en 421 av. J.-C., lorsque le serment de Platées, prêté en 479 av. J.-C. pour laisser les ruines de la destruction perse comme mémoriaux de la guerre, eut expiré, l’Érechthéion fut construit sur les zones les plus sacrées de l’Acropole. On y trouvait non seulement les tombes des rois mythiques Cécrops et Érechthée, mais aussi l’endroit où le trident de Poséidon frappa le sol et, bien sûr, l’olivier sacré d’Athéna. Une fois de plus, l’olivier retrouva de grands monuments dans son voisinage et continua d’être honoré, restant au cœur du paysage religieux et culturel athénien pendant les siècles qui suivirent.