L'Australie mène une nouvelle initiative visant à relever la limite de campestérol dans l'huile d'olive
Les producteurs du Nouveau Monde relancent leur initiative visant à relever la limite de teneur en campestérol dans l'huile d'olive, qu'ils considèrent comme une barrière commerciale.

Les producteurs du Nouveau Monde relancent leur initiative visant à relever la limite de teneur en campestérol dans l'huile d'olive afin de mettre fin à ce qu'ils considèrent comme une barrière commerciale et une discrimination à l'égard de leurs huiles d'olive vierges authentiques.
Sous l'impulsion de l'Australie et avec le soutien de l'Argentine, des États-Unis et de la Nouvelle-Zélande, ils estiment que la limite devrait être relevée de 4 à 4,8 % afin de ne pas exclure injustement les huiles qui la dépassent pour des raisons saisonnières, variétales ou géoclimatiques.
Dans un document de travail destiné à la réunion du Comité du Codex sur les graisses et les huiles (CCFO) qui se tiendra en Malaisie du 25 février au 1er mars, ils affirment que cette valeur plus élevée « engloberait la grande majorité des huiles produites à partir des variétés Barnea, Arbequina, Koreneiki, Cornicabra et d’autres variétés similaires à forte teneur en campestérol, quel que soit le lieu de culture dans le monde ».
« La production et le commerce des huiles d’olive vierges provenant de pays producteurs émergents connaissent une croissance substantielle. Il est donc crucial que le CCFO examine les preuves qui montrent clairement que la limite actuelle de campestérol constitue un obstacle technique au commerce des huiles d’olive vierges », indique le document.
La limite fixée pour le campestérol (l’un des nombreux stérols présents dans l’huile d’olive) n’est pas pertinente pour la santé publique, mais vise à détecter l’adultération des huiles d’olive avec d’autres huiles alimentaires.
Sur 888 échantillons prélevés en Australie sur plusieurs années et couvrant différentes saisons et variétés, un tiers présentait une teneur en campestérol supérieure à 4 %. Cependant, des études menées dans ce pays ont montré que la génétique et l’environnement jouent un rôle important dans les teneurs en campestérol et ont écarté l’adultération ou la mauvaise qualité de l’huile comme facteurs causaux.
L'article indique qu'« en prévision de l'argument contraire » selon lequel le relèvement de la limite de campestérol augmenterait le risque d'adultération, la limite pour un autre phénol, le stigmastérol (dont des teneurs excessives suggèrent la présence d'huile de soja), devrait être renforcée. La norme du Codex autorise en effet jusqu'à 3,9 % de stigmastérol dans l'huile d'olive, mais une limite maximale inférieure, de 1,9 %, est proposée.
« Alors que les pays de l’UE, la Syrie, la Tunisie, la Turquie et le Maroc devraient rester les principaux exportateurs d’huile d’olive dans un avenir proche, l’expansion considérable de la production dans un certain nombre d’autres pays (par exemple l’Argentine, Israël, le Brésil, la République d’Afrique du Sud, la Chine et l’Australie) est susceptible de modifier les schémas commerciaux à moyen terme. »
À mesure que de nouvelles variétés apparaissent et que la production s'effectue dans de nouvelles conditions géo-climatiques, les paramètres de la norme du Codex (en vigueur depuis 1981) devraient être harmonisés en conséquence, indique le document.
Le COI étudie également le campestérol
Lors de la dernière réunion du CCFO, qui s’est tenue en février 2011, une proposition visant à entamer des travaux sur la modification de la teneur en campestérol n’a pas recueilli de soutien, mais la porte a été laissée ouverte à la présentation, en 2013, de nouvelles données justifiant cette mesure.
Selon le rapport du directeur exécutif du Conseil oléicole international (COI), Jean-Louis Barjol, sur cette réunion, « En ce qui concerne […] le campestérol, toutes les délégations du COI ont convenu de déclarer que des études du COI étaient en cours et qu’il était prématuré pour le Codex d’agir. »
« L’objectif consistant à reporter les discussions sur […] le campestérol jusqu’en 2013 a été atteint. D’ici là, le COI devra mener des études afin de constituer une base de données exploitable […] et d’explorer des pistes de solution réalistes », a-t-il écrit.
Une réunion publique visant à fournir des informations et à recueillir les commentaires du public sur les positions des États-Unis en vue de la prochaine réunion du Comité du Codex sur les graisses et les huiles se tiendra dans le Maryland le 5 février.
- Document de travail sur la révision de la limite de campestérol dans la norme Codex pour les huiles d’olive et les huiles de grignons d’olive
- Réunions : Commission du Codex Alimentarius ; Comité du Codex sur les graisses et les huiles
- Documents de la réunion du CCFO de 2013
- Rapport du directeur exécutif du COI, Jean-Louis Barjol, sur la réunion du CCFO de 2011
- « L'Argentine à l'IOC : la teneur en campestérol doit changer », 12 juillet 2012, Olive Oil Times