Selon M. Barjol, les récentes affaires de fraude montrent que les pays « séviront »

L'huile d'olive fait l'objet de nombreuses critiques ces derniers temps. Jean-Louis Barjol, président du COI, explique les mesures prises par le COI pour lutter contre la fraude, protéger les consommateurs et préserver la réputation de l'huile d'olive.

L'huile d'olive fait l'objet de nombreuses critiques ces derniers temps. Suite à la publication du livre de Tom Mueller, *Extra Virginity: The Sublime and Scandalous World of Olive Oil*, aux récentes allégations de fraude en Italie et en Espagne, ainsi qu'à la découverte d'huile de qualité inférieure en Australie, sa qualité est remise en question à l'échelle mondiale.

Olive Oil Times a demandé au Conseil oléicole international – en tant qu’organisation intergouvernementale réunissant les acteurs de la production et de la consommation d’huile d’olive et d’olives de table – ce qu’il fait pour prévenir la fraude et protéger l’image de l’huile d’olive.

Dans sa réponse, le directeur du COI, Jean-Louis Barjol, a commencé par expliquer que si le COI établit des normes pour le commerce international des produits oléicoles, il n’a pas le pouvoir de les faire respecter. « Néanmoins, le Secrétariat exécutif du COI encourage les États membres à faire tout leur possible pour prévenir le commerce frauduleux des produits oléicoles », a-t-il déclaré.

M. Barjol a répondu aux questions par courrier électronique.

Que peut-on faire de plus pour prévenir la fraude et protéger les consommateurs ?

Les États membres du COI doivent rester vigilants. Ils se sont engagés à respecter les normes (catégories) définies pour les huiles d’olive et le marc d’olive (telles qu’énoncées dans l’Accord international de 2005 sur l’huile d’olive et les olives de table) dans leur commerce international, et à encourager également leur utilisation dans le commerce intérieur. C’est pourquoi le plus grand nombre possible de pays devraient adhérer au Conseil oléicole international.

Quel impact les informations faisant état d’allégations de fraude – comme en Espagne la semaine dernière avec l’opération Lucerna et en Italie à la fin de l’année dernière avec les résultats de l’enquête de Coldiretti – ont-elles sur le secteur ? Cela jette-t-il un doute sur la qualité de l’huile d’olive en général ?

Il n’y a aucune raison pour que cette situation remette en cause la qualité de l’huile d’olive. Au contraire, cela montre que ces pays séviront pour garantir le respect de nos normes, ce qui devrait également dissuader les commerçants peu scrupuleux de s’enrichir par des moyens malhonnêtes et déloyaux.

Quant à l’opération Lucerna (au cours de laquelle la police espagnole a récemment démantelé un réseau présumé de fraude), elle ne concernait pas l’huile d’olive en tant que telle, mais des mélanges d’huile de palme, d’avocat et de tournesol vendus comme s’il s’agissait d’huile d’olive, et sans que la TVA ne soit payée.

Que fait le COI pour protéger à la fois les consommateurs et l’image du secteur de l’huile d’olive face à de tels cas ?

Le COI continuera à étudier de nouvelles méthodes d’analyse et de détection des fraudes. Il continuera également à informer les consommateurs sur les définitions de l’huile d’olive et à encourager les producteurs à se concentrer sur la qualité.

Comme vous le savez, parmi les objectifs généraux du COI énoncés dans l’Accord international de 2005 sur l’huile d’olive et les olives de table, relatif à la normalisation du commerce international de l’huile d’olive et des produits connexes, figurent les suivants :

– Établir des normes internationales permettant :

le contrôle de la qualité des produits ;
un commerce international équitable ;

la protection des droits des consommateurs ;
la prévention des pratiques frauduleuses.

– Faciliter l’étude et l’application de mesures visant à harmoniser les législations nationales et internationales relatives, en particulier, à la commercialisation de l’huile d’olive et des olives de table ;

– Encourager l’harmonisation des critères de définition des indications géographiques accordées par les Membres en vue de leur protection internationale ;

– Encourager l’expansion du commerce international de l’huile d’olive et des olives de table, en élaborant et en actualisant les normes commerciales applicables aux produits et en améliorant la qualité.

Il convient toutefois de souligner que, s’il est vrai qu’elle établit des normes internationales pour le commerce extérieur des produits oléicoles, le COI n’a pas de rôle « exécutif », c’est-à-dire qu’il n’a pas le pouvoir de faire respecter ces normes. Néanmoins, le Secrétariat exécutif du COI encourage les États membres à faire tout leur possible pour prévenir le commerce frauduleux des produits oléicoles.