Les agriculteurs français subissent les conséquences d'une sécheresse qui s'aggrave

En raison du manque de précipitations de l'automne et de l'hiver derniers, ainsi que de la faible humidité des sols et du niveau des cours d'eau, des restrictions d'eau sont déjà en vigueur dans tout le sud de la France.

De nombreuses régions de France sont confrontées à une sécheresse prolongée qui affecte la disponibilité en eau, l'humidité des sols et les activités agricoles.

Les prévisions indiquent que la plupart des départements français devront faire face à un long été sec, ce qui aggravera les effets de la sécheresse dans plusieurs régions.

Il faut être franc : au vu des prévisions hydrologiques établies par Météo France pour fin mai et début juin, une grande partie de la France sera, en tout état de cause, durablement touchée. – Jean-Charles Deswarte, agronome, Arvalis

Une carte publiée par le ministère de la Transition écologique montre que 76 des 96 départements français sont en état d’alerte. Par ailleurs, 26 (sur les 76) sont en état d’alerte élevée.

Les niveaux de risque de sécheresse sont déterminés en examinant les niveaux d'eau dans les réservoirs, les lacs et les rivières, tout en tenant compte des niveaux des nappes phréatiques et de l'humidité du sol.

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Selon le ministère, des restrictions d'utilisation de l'eau sont actuellement appliquées dans les départements du sud, où est produite la grande majorité de l'huile d'olive du pays.

Selon le journal français Le Monde, les prévisions alarmantes concernant la sécheresse actuelle s’expliquent par des précipitations nettement inférieures à la moyenne l’automne et l’hiver derniers, qui permettent habituellement de reconstituer les réserves d’eau et d’assurer une meilleure disponibilité en fin de saison.

Simon Mittelberger, climatologue à Météo-France, a déclaré au Monde que la situation serait probablement pire dans 22 départements d'ici la fin de l'été.

La pénurie d'eau en mai, associée à une faible humidité des sols et à une chaleur record, a un impact particulièrement profond sur l'agriculture.

« Le mois de mai est non seulement très chaud, mais aussi très sec », a déclaré Olivier Proust, ingénieur prévisionniste à Météo-France, à l'Agence France-Presse. « De la frontière belge à l'Atlantique, nous enregistrons un déficit pluviométrique de 20 à 30 % ».

Cet été, ce sont les producteurs de blé et d’orge qui devraient être les plus touchés.

« La plante est actuellement en phase de montée en graine, une période cruciale qui détermine le nombre de grains et leur qualité », a déclaré Joël Limouzin, agriculteur et vice-président de la Fédération nationale des syndicats d’agriculteurs.

Il a ajouté que de nombreux agriculteurs de plusieurs régions, y compris ceux qui n’en ont généralement pas besoin, ont déjà eu recours à l’irrigation pour préserver les cultures destinées à l’alimentation animale.

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« Il faut être franc : au vu des prévisions hydrologiques établies par Météo France pour fin mai et début juin, une grande partie de la France sera, dans tous les cas, durablement touchée », a déclaré à Reuters Jean-Charles Deswarte, agronome à l’institut de recherche agricole Arvalis.

Selon M. Deswarte, près d’un tiers du potentiel de production a déjà été perdu dans les régions où les niveaux d’eau de surface ou à mi-profondeur du sol sont en baisse. En conséquence, le potentiel de production pourrait chuter de 50 % dans certaines zones.

« Que ce soit pour le maïs, le tournesol ou le sorgho, sans eau, il n’y a pas de plante », a-t-il déclaré.

Compte tenu de la situation et des énormes besoins en eau du secteur, l’industrie agroalimentaire de plusieurs régions milite pour la réutilisation des eaux usées traitées, alors que la réglementation en la matière est considérée comme plus stricte en France qu’ailleurs en Europe.

La pénurie d’eau est particulièrement préoccupante dans le sud de la France, et de nombreuses zones oléicoles sont actuellement touchées par la sécheresse.

Dans le sud-est, les précipitations ont baissé de 53 %, des Bouches-du-Rhône aux Alpes-de-Haute-Provence.

La préfecture des Bouches-du-Rhône a déclenché l'état de crise pour le bassin de l'Huveaune, ce qui signifie que 19 communes et certains quartiers de Marseille sont soumis à des restrictions d'eau. Plusieurs tronçons de la rivière se seraient asséchés.

Pour limiter les effets de la sécheresse, le ministère a déclaré que les mesures visaient à préserver l’eau « et à garantir l’accès à l’eau potable et la santé publique tout en restant attentif aux enjeux des activités agricoles et énergétiques ».

« Face à la sécheresse, économiser l’eau doit être l’affaire de tous », a conclu le ministère.