Le président tunisien célèbre son 90e anniversaire en organisant la conférence de 2020
2020 n'était pas la première tentative de la Tunisie pour attirer les investisseurs internationaux. En 2014, le pays avait organisé le salon « Invest in Tunisia », qui n'avait pas réussi à séduire les capitaux étrangers.
Le président tunisien Beji Caid Essebsi a fêté ses 90 ans lors de l'ouverture de la conférence « Tunisie 2020 », le 29 novembre. Cette conférence avait pour objectif d'attirer 60 milliards de dollars d'investissements étrangers en Tunisie. Depuis la révolution de Jasmin, en 2011, environ 500 entreprises étrangères ont quitté la Tunisie en raison des perturbations causées par les manifestations et les sit-in.
La conférence «Tunisie 2020», qui s’est tenue les 29 et 30 novembre, visait à relancer les investissements étrangers en Tunisie. Les investissements étrangers sont passés de 3,5 milliards de dollars en 2010 à 2 milliards de dollars en 2015. Dans son discours d’ouverture, Essebsi a déclaré : « La Tunisie traverse une phase très particulière et a besoin d’un niveau de soutien dont elle n’aurait pas besoin en temps normal. »
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2020 n’était pas la première tentative de la Tunisie pour attirer les investisseurs internationaux. En 2014, la Tunisie avait organisé « Invest in Tunisia », qui n’avait pas réussi à séduire les investisseurs étrangers.
Une nouvelle loi sur l’investissement a été adoptée en septembre afin de faciliter les investissements étrangers en Tunisie. Cette loi assouplira les formalités administratives et allégera les restrictions sur les transferts de fonds hors de Tunisie. En vertu de cette nouvelle loi, les entreprises étrangères bénéficieront d’une exonération fiscale sur les bénéfices générés par les grands projets pendant 10 ans.
La Tunisie a été paralysée par des grèves au cours des cinq dernières années. En septembre, le grand mufti de Tunisie, Cheikh Othman Battikh, s’est exprimé de manière controversée, appelant à la fin des manifestations et des sit-in. Tous les secteurs de la population active, des enseignants aux chauffeurs de taxi en passant par les avocats, ont eu recours à la grève. L'Union générale tunisienne du travail (UGTT) a appelé à une grève générale le 8 décembre contre le gel des salaires prévu dans le budget 2017.
L'économie tunisienne a été durement touchée par les attentats terroristes de 2015. Le tourisme s'est effondré après la mort de 20 personnes au musée du Bardo et celle de 37 touristes lors du massacre de la plage de Sousse.
Le gouvernement tunisien a déclaré l'état d'urgence en novembre 2015 à la suite d'un attentat-suicide contre un bus à Tunis. L'état d'urgence est toujours en vigueur et le restera jusqu'au 19 janvier 2017.
Le premier jour de la conférence, 8 milliards de dollars ont été promis sous forme de prêts et d’aide. Les fonds provenaient de partenaires régionaux et occidentaux, notamment la France, le Canada, le Qatar, le Koweït, la Suisse, la Turquie et l’Arabie saoudite.
Une grande partie du financement a pris la forme de prêts plutôt que d’investissements, comme on l’aurait souhaité. Selon l’analyste économique Ezzedine Saidane, « une grande partie concernait des prêts pour des projets. On n’a pas beaucoup entendu parler d’investissements. » M. Saidane a ajouté : « Les prêts, c’est bien, mais ils vont aussi aggraver la dette de la Tunisie. » Le ministre tunisien de l’Investissement, Fadhel Abdelkefi, a abondé dans ce sens : « Nous n’avons pas tant besoin de prêts que d’investissements. »
En 2020, deux projets liés à l’huile d’olive ont sollicité des investissements : 7 millions d’euros étaient recherchés pour financer un projet qui apporterait des emplois indispensables à Kasserine. L’entreprise produirait de l’huile d’olive biologique et non biologique. Les fonds serviraient à planter 100 hectares d’oliviers et à construire une unité moderne de transformation et de conditionnement.
Un deuxième projet visant à promouvoir l’huile d’olive tunisienne sur les marchés internationaux sollicitait 80 millions d’euros pour planter 10 000 hectares d’oliveraies et construire une unité de transformation et de conditionnement. Cette entreprise créerait 2 500 emplois à Beja, Bizerte, Jendouba, Kasserine, Le Kef et Siliana.
Le taux de chômage en Tunisie s'élève à environ 15,5 %, avec des taux plus élevés chez les jeunes et dans les zones rurales.
La conférence «Tunisie 2020» a réuni des chefs d’État, des représentants d’institutions internationales et des chefs d’entreprise de 70 pays. Elle avait pour objectif de promouvoir la Tunisie en tant que destination attractive pour les affaires et d’attirer des fonds pour des investissements.
Essebsi est devenu le premier président librement élu de Tunisie en décembre 2014. Son élection a suscité chez beaucoup la crainte d’un retour de l’ancien régime. Essebsi avait servi sous le président déchu Ben Ali et occupé le poste de ministre de l’Intérieur sous la présidence de Habib Bourguiba.
Essebsi est devenu le troisième chef d’État le plus âgé au monde lors de la conférence Tunisia 2020. Reste à voir si la conférence a attiré suffisamment de nouveaux investissements étrangers en Tunisie pour remettre le pays sur pied.