Les oliviers peuvent-ils protéger contre les incendies de forêt ?
Après les incendies de forêt qui ont ravagé la région méditerranéenne cet été, les autorités se tournent vers les oliveraies et les vignobles comme alternatives résistantes au feu.
L'été 2017 a été long et caniculaire dans une grande partie de la région méditerranéenne. La faiblesse des précipitations et les températures élevées ont entraîné une sécheresse généralisée, mais aussi des incendies de forêt dévastateurs dans plusieurs pays, notamment au Portugal, en France, en Italie, en Croatie, en Grèce et en Turquie.
Le Portugal a été le plus durement touché, avec 141 000 hectares ravagés par les flammes et 64 victimes. En Grèce, 15 000 hectares de terres ont été détruits par les incendies, tandis qu'en France, une superficie de 12 000 hectares a été dévastée.
Un rapport d'Euronews a révélé que le nombre d'incendies de forêt dans l'Union européenne a triplé pour atteindre 1 068 en 2017 à ce jour, contre une moyenne de 404 au cours des huit dernières années.
Après avoir fait le bilan de l'étendue des dégâts, les causes des incendies ont été attribuées à divers facteurs : la foudre, les incendies criminels, la négligence humaine et une gestion forestière inadéquate.
Au Portugal, le fait que les eucalyptus représentent plus d’un quart du couvert forestier du pays a été considéré comme une cause majeure de la propagation rapide de ces incendies meurtriers. L’écorce et la sève de l’eucalyptus, qui pousse rapidement, sont hautement inflammables et ont alimenté les incendies déjà dévastateurs. Les eucalyptus ont également été mis en cause dans le deuxième incendie le plus meurtrier de l’histoire de la Californie : celui d’Oakland en 1991.
Aujourd’hui, la pâte d’eucalyptus est l’un des principaux produits d’exportation du Portugal. Ces dernières années, d’anciennes terres agricoles laissées à l’abandon ont été transformées en plantations d’eucalyptus destinées à être vendues comme culture de rente à l’industrie de la pâte à papier.
Au vu des incendies meurtriers de cet été, des associations environnementales locales font désormais pression pour que ces plantations soient replantées avec des chênes-lièges et des chênes verts indigènes, moins inflammables et plus résistants au feu que les eucalyptus hautement combustibles.
Pendant ce temps, dans le département du Var, en région Provence-Alpes-Côte d’Azur, dans le sud-est de la France, les agriculteurs locaux et les responsables politiques discutent de la possibilité de planter davantage d’oliveraies et de vignobles afin de protéger les terres agricoles de la sécheresse et des incendies de forêt. Rien que cette année, le département a connu 398 incendies de forêt qui ont détruit 3 562 hectares.
Le risque d’incendie est une préoccupation constante pour les agriculteurs de tout le bassin méditerranéen. Les anciennes terres agricoles laissées à l’abandon se couvrent rapidement de broussailles, puis finissent par se transformer en zones boisées qui présentent un risque d’incendie.
La création de bandes de terres défrichées entre la forêt et les terres agricoles est un moyen d’empêcher les incendies de se propager facilement. Lorsque les terres sont régulièrement labourées ou pâturées par des animaux, les champs entretenus ne présentent pas de sous-bois susceptible de s’enflammer facilement. D’autres mesures préventives peuvent être prises, comme le débroussaillage des bords de route et des propriétés privées, ainsi que la plantation de vignes ou d’oliveraies pour créer des barrières protectrices.
Les oliviers et les vignes peuvent constituer une barrière naturelle contre le feu, car ce sont des plantes feuillues qui retiennent l’humidité et nécessitent peu d’eau. Dans le sud de la France, certaines routes forestières sont bordées de vignes qui servent de barrières anti-feu.
Un article récent du journal français Le Figaro a mis en avant l’exemple de l’île de Porquerolles, dans le département du Var. À la suite d’un incendie en 1897 qui a complètement décimé la végétation de l’île, trois grands vignobles ont été plantés pour empêcher la propagation du feu entre les cinq zones forestières délimitées qui divisent l’île. Mais le directeur des services d'incendie et de secours du Var, le général Martin, a souligné dans cet article que les vignobles constituent « une solution envisageable à condition qu'ils soient débarrassés de la végétation au sol », notamment de l'herbe sèche susceptible de favoriser la propagation du feu.
L'olivier est une plante rustique réputée pour ses propriétés ignifuges et capable d'offrir une protection contre le feu et le vent. Les oliviers peuvent vivre pendant des siècles et, même si leurs branches et leur tronc sont détruits, ils peuvent se régénérer grâce à leur système racinaire robuste.
Une brochure publiée par l'État de Victoria, en Australie, a inclus l'olivier dans sa liste de plantes résistantes au feu recommandées pour être plantées dans les zones sujettes aux feux de brousse.
Un autre arbre qui s'est révélé remarquablement résistant au feu est le cyprès méditerranéen. Une étude de 2015
a conclu que, grâce à la forte teneur en eau de ses feuilles, le cyprès est résistant au feu et peut contribuer à la protection contre les feux de forêt.