La production agricole européenne a légèrement reculé en 2020

Un rapport d'Eurostat a révélé que les coûts de production sont en hausse tandis que les revenus tirés de l'agriculture ont baissé dans plusieurs pays de l'Union européenne.

Les dernières données publiées par Eurostat montrent que le secteur agricole européen a représenté 1,3 % du produit intérieur brut (PIB) total de l'Union européenne à 27 en 2020.

Par ailleurs, l'agence statistique officielle de l'UE a estimé la valeur ajoutée brute du secteur agricole, soit la différence entre la valeur de la production et les coûts de production, à 178,4 milliards d'euros.

Le nombre total de travailleurs agricoles a diminué de 2,9 %, soit un peu plus que la baisse annuelle moyenne de 2,5 % enregistrée entre 2005 et 2019.

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« On peut considérer que pour chaque euro dépensé en biens et services utilisés dans le processus de production (ce que l'on appelle la consommation intermédiaire), le secteur agricole de l'UE a créé une valeur ajoutée de 0,76 euro », a écrit Eurostat. « Bien que cette valeur ajoutée relative en 2020 ait été inférieure aux 0,79 € enregistrés en 2017, elle restait supérieure à celle de la plupart des autres années depuis 2007. »

En additionnant les cultures, les animaux et les services agricoles à plusieurs autres biens et services, Eurostat a estimé qu’en 2020, les secteurs agricoles des 27 États membres ont produit une valeur totale de 414,1 milliards d’euros, soit une baisse de 1,1 % par rapport à 2019.

Sur ce montant, 219,5 milliards d’euros provenaient des cultures, tandis que 159 milliards d’euros provenaient des animaux et des produits d’origine animale. Les services agricoles représentaient 20,3 milliards d’euros, le reste étant lié à des activités non agricoles qu’Eurostat n’a pas pu mesurer séparément.

Eurostat a expliqué que cette baisse de 1,1 % représente « un léger recul par rapport au pic enregistré en 2019, qui était lui-même l'aboutissement d'une tendance à la hausse amorcée en 2009 ».

« Cette évolution de la valeur nominale reflète de légères baisses tant du prix nominal des biens et services agricoles dans leur ensemble (estimée à –1,0 %) que du volume de la production (estimée à –0,2 %) », a ajouté Eurostat.

Les pays où la baisse de la valeur de la production a été la plus marquée sont la Roumanie (-11,3 %), les Pays-Bas (-3,1 %), l'Italie (-2,3 %), la France (-1,9 %) et l'Allemagne (-1,6 %).

En revanche, l’Espagne (+1,1 %) et la Pologne (+1,9 %) figuraient parmi les principaux contributeurs ayant vu la valeur de leur production globale augmenter, la hausse la plus marquée ayant été enregistrée en Lituanie (+8,6 %).

Les données 2020 d’Eurostat ont également confirmé les différences significatives en matière de volumes et de rendements agricoles à travers l’UE, quatre pays représentant la majeure partie de la valeur totale de la production.

Cinquante-neuf pour cent de ce total provenait de la France (76,3 milliards d’euros), de l’Allemagne (57,6 milliards d’euros), de l’Italie (56,9 milliards d’euros) et de l’Espagne (52,3 milliards d’euros). En ajoutant la valeur de la production des Pays-Bas, de la Pologne et de la Roumanie, Eurostat a estimé que 76 % de la valeur totale du secteur agricole de l’UE provenait de ces sept États membres.

Sur les 235,8 milliards d'euros de coûts supportés par les agriculteurs, 51 % concernaient l'alimentation animale et les services vétérinaires, tandis que 11,1 % concernaient les herbicides, les pesticides, les insecticides, les engrais et les amendements.

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« Le coût des biens et services intermédiaires utilisés par le secteur agricole en 2020 a été légèrement inférieur à celui de l’année précédente (environ –1,1 %) », a indiqué Eurostat. « Le taux de baisse a été identique à celui de la valeur de la production agricole (environ –1,1 %), ce qui s’est traduit par un léger recul (–1,3 %) de la valeur ajoutée brute générée par le secteur agricole. »

Dans de nombreux secteurs agricoles, y compris celui de l’huile d’olive, seule une petite partie de la main-d’œuvre était constituée de salariés, compte tenu du rôle joué par les familles et les communautés bénévoles pendant les semaines les plus exigeantes de l’année en termes de main-d’œuvre.

Les données d’Eurostat montrent qu’en 2020, 6,2 millions de travailleurs n’étaient pas salariés, contre 2,3 millions de salariés à temps plein.

Comme indiqué ci-dessus, l’apport total de main-d’œuvre agricole a fortement diminué dans presque tous les États membres entre 2005 et 2020, la baisse la plus marquée touchant la plupart des pays d’Europe de l’Est.

« Cette contraction de la main-d’œuvre agricole reflète à la fois des facteurs d’attraction et de répulsion », écrit Eurostat. « D’une part, on a assisté à des progrès considérables en matière de mécanisation et d’efficacité et, d’autre part, à un choix plus large d’opportunités d’emploi attrayantes dans d’autres secteurs de l’économie. »

Le revenu de la main-d'œuvre agricole a également baissé de 0,8 % en 2020 par rapport à l'année précédente. Alors que quelques États membres ont enregistré une forte hausse du revenu disponible des travailleurs du secteur, les grands pays agricoles tels que l'Allemagne, les Pays-Bas, la Roumanie, l'Italie et la France ont connu des taux de baisse significatifs.

En conséquence, Eurostat a indiqué que le revenu disponible avait augmenté de 31,5 % par rapport aux niveaux de 2010.

Eurostat a également compilé l’indice de risque lié aux pesticides, qui se rapporte au volume de pesticides vendus dans l’ensemble de l’UE, en avertissant que les types de substances actives changent au fil du temps et que les volumes de vente ne permettent pas d’estimer efficacement le danger potentiel associé.

Toutefois, l'indice « indicateur de risque harmonisé 1 » montre une diminution du risque lié aux pesticides dans la plupart des pays de l'Union européenne.