La réunion de Bari sur la Xylella établit un plan d'action commun
Le Conseil oléicole international et le Centre international d'études agronomiques méditerranéennes avancées ont organisé un séminaire dans le but de mettre en place un plan d'action commun contre le Xf.
Le siège italien du Centre international de hautes études agronomiques méditerranéennes (CIHEAM) a accueilli le mois dernier une réunion internationale sur le thème « Actions intégrées contre Xylella fastidiosa (Xf) pour protéger les oliviers et le commerce international ».
Bari a accueilli une centaine de participants, parmi lesquels figuraient des représentants de seize pays membres et non membres du Conseil oléicole international
(COI), notamment l’Albanie, l’Algérie, l’Égypte, la France, la Grèce, l’Iran, l’Italie, la Jordanie, le Liban, la Libye, le Monténégro, le Maroc, la Palestine, le Portugal, l’Espagne, la Tunisie et la Turquie.
Voir aussi : Peut-on enrayer Xylella ?
Des experts d’organisations internationales telles que la FAO, la CIPV (Convention internationale pour la protection des végétaux), l’OEPP (Organisation européenne pour la protection des plantes) et l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments), ainsi que des chercheurs du CNR et d’universités, ont pris part au séminaire dans le but de créer « les bases d’une coordination et d’une planification des collaborations » contre Xylella fastidiosa, à travers des actions concrètes favorisées par « l’échange de ressources humaines » entre les pays participants.
Au début de la conférence, les experts du CIHEAM et de la COI ont souligné que les cultures deviennent de plus en plus vulnérables aux ravageurs et aux maladies dans un contexte marqué par l’intensification des échanges commerciaux, l’accélération de la mobilité des populations et des marchandises, et le changement climatique.
Par conséquent, la prévention et la lutte contre les maladies des végétaux, la surveillance épidémiologique et les échanges d’informations phytosanitaires au-delà des frontières de chaque pays deviennent plus essentiels que jamais pour la production nationale, l’exportation et l’importation.
La présentation de l’état actuel de la bactérie a été suivie de rapports sur les activités des organisations internationales, les résultats des travaux de recherche menés dans le cadre des programmes Horizon 2020 de l’UE, POnTE et XF-Actors, ainsi que les besoins et recommandations exprimés par les pays membres. Une réunion entre l’OEPP, la FAO, le CIHEAM et l’IOC a ensuite été organisée afin de définir une stratégie de collaboration entre ces organismes et de préciser le rôle de chacun, y compris celui de la CIPV. Le groupe a convenu d’élaborer une feuille de route pour un plan d’action commun (PAC-XF), dont la première version sera soumise pour avis d’ici le 15 janvier.
« La collaboration avec les instituts de recherche et le monde universitaire est essentielle pour contrer les effets désastreux de Xylella fastidiosa », a affirmé le chef de l’Unité technique et environnementale de la COI, Abdelkrim Adi. « L’un de nos objectifs, à travers l’organisation de cet événement, est de trouver les moyens concrets de faciliter le commerce international de plants d’olivier sains, exempts de tout agent pathogène, y compris le verticillium et Xf. »
Le directeur exécutif du COI, Abdellatif Ghedira, a fait remarquer que la participation de nombreuses organisations témoignait de leur engagement à trouver des solutions, et que leur collaboration commune déboucherait certainement sur des actions fructueuses au bénéfice du secteur oléicole. « Il y a un aspect que nous ne devons pas sous-estimer dans cette action, à savoir la coopération internationale établie entre les différents organismes intergouvernementaux : le COI, la FAO, le CIHEAM, ainsi que les agences de la CIPV et de l’OEPP », a observé M. Ghedira, ajoutant que « nous devons intensifier nos efforts pour que le partage d’informations soit aussi riche et complet que possible, afin de consolider le climat de coopération institutionnelle et de faire cause commune sur cette question. »
Après les présentations des experts, les pays participants ont été invités à exprimer leurs besoins et les défis auxquels ils sont confrontés pour prévenir et lutter contre la propagation de la bactérie.
Au cours de la discussion, il a été souligné qu’un engagement politique était nécessaire pour préserver le mode de vie des producteurs d’olives. Il a également été affirmé que l’implication des agriculteurs était fondamentale, et que la formation, la diffusion de l’information et la recherche étaient essentielles à la circulation de l’information.
La nécessité de mettre en œuvre des normes harmonisées, notamment en matière de quarantaine et de surveillance ainsi que de certification des végétaux, ainsi que le besoin de renforcement des capacités ont été considérés comme des préoccupations majeures par les participants. Ils ont souligné l’importance d’intensifier la recherche sur la résistance des variétés et la lutte contre les vecteurs, et ils se sont tous accordés sur l’utilité de maintenir des banques de ressources génétiques comme source de variabilité de l’olivier et de matériel de recherche sur la résistance aux bactéries. La diffusion de techniques agronomiques pour la prévention de la maladie a également été désignée comme l’une des activités les plus importantes à développer.
Au cours d’une discussion sur le plan d’action à élaborer par la COI, le CIHEAM, la FAO, l’EPPO et la CIPV, la nécessité d’adopter des normes de lutte bien définies a été soulignée, ainsi que celle de mettre en œuvre des activités de renforcement des capacités pour les équipes nationales. Il a été souligné que la sécurité de la production de matériel végétal devait être garantie par son authentification et son assainissement, et que les travaux en cours sur la résistance des variétés étaient fondamentaux. En outre, l'élaboration de guides pratiques de gestion phytosanitaire a été jugée nécessaire.
Les experts ont fait remarquer qu’il est primordial de mettre en œuvre la traçabilité et la certification du matériel végétal, d’élaborer des programmes de surveillance, ainsi que de sensibiliser davantage le secteur oléicole en améliorant la communication. Il a ensuite été convenu que toutes les institutions concernées participeraient au Forum mondial de l’olivier qui sera organisé à Marrakech, conjointement avec la session des membres du COI, afin de célébrer le 60e anniversaire du COI et de présenter leurs activités spécifiques dans le cadre du plan d’action conjoint.
Au cours du séminaire, le service phytosanitaire régional de Toscane a annoncé que, dans la partie sud de la région, quarante et une plantes ornementales, dont des amandiers, des genêts, des eupatoires à feuilles de myrte, des calicotomes, du romarin, de la lavande, des cistes et des éléagnes, probablement importées de l’étranger, se sont révélées positives à la sous-espèce Multiplex de la bactérie.
Les mesures phytosanitaires d’éradication prévues par la législation nationale et européenne ont été immédiatement mises en œuvre. Des analyses répétées n’ont révélé aucune infection chez les oliviers, car cette sous-espèce, déjà présente en Espagne et en France, n’est généralement pas nuisible à ces plantes ni à la vigne.
Selon les études actuelles, la seule souche bactérienne associée au syndrome dit du dépérissement rapide de l'olivier (OQDS) détectée dans les Pouilles est celle appartenant au type de séquence ST53, également connue sous le nom de souche CoDiRO, au sein de la sous-espèce Xf pauca.