Carrefour impose l'étiquetage Nutri-Score à ses fournisseurs français

La chaîne de supermarchés a déclaré qu'elle calculerait les notes Nutri-Score des fournisseurs qui ne se conforment pas aux exigences.

Le géant de la grande distribution Carrefour affichera bientôt le logo Nutri-Score sur la plupart des emballages alimentaires vendus en France.

Dans une lettre adressée à plus de 550 fabricants de produits alimentaires, Carrefour a fixé un délai de trois mois pour l'adoption de l'étiquette sur le devant de l'emballage (FOPL).

Si les fournisseurs ne se conforment pas à cette exigence, le distributeur a déclaré qu’il en informerait ses clients, calculerait les notes Nutri-Score de ces produits et les publierait sur son site web et son application mobile.

Voir aussi : La Roumanie fixe de nouvelles règles pour l'adoption du Nutri-Score

« Nous communiquerons le Nutri-Score de divers produits vendus chez Carrefour sur notre site web et l’application mobile Carrefour, sauf dans les cas où vous vous y opposerez formellement, ce qui sera communiqué à nos clients », a écrit Alexandre Bompard, président-directeur général de Carrefour, sur LinkedIn à l’intention des fournisseurs du distributeur.

C’est la première fois qu’un distributeur adopte une position aussi ferme vis-à-vis de ses fournisseurs concernant le Nutri-Score.

Bien que la France ait adopté Nutri-Score en 2017, son utilisation sur les emballages reste facultative, et les fabricants ne sont pas légalement tenus de l’apposer. Plus de 7 000 produits alimentaires vendus par Carrefour arborent déjà ce label.

Nutri-Score est un étiquetage nutritionnel de type « feu tricolore » qui utilise une combinaison de cinq couleurs et lettres coordonnées pour évaluer le caractère sain d’un produit alimentaire emballé en fonction de sa teneur en graisses, en sucres, sel et de calories pour une portion de 100 grammes ou millilitres.

Le « A vert » indique l’option la plus saine, et le « R rouge » désigne la moins saine. Toutes les catégories d’huile d’olive sont classées « B vert clair ».

Des recherches récentes suggèrent que Nutri-Score a influencé la composition des produits alimentaires en France, premier pays à avoir adopté ce système d’étiquetage.

Selon cette étude, les fabricants de produits alimentaires reformulent leurs produits afin d’obtenir de meilleures notes sur l’étiquette figurant sur le devant de l’emballage.

« Avant de nous demander s’il faut ou non taxer les produits sucrés, commençons par donner à nos clients des informations complètes sur ce qu’ils consomment », a déclaré M. Bompard.

Il a sou­ligné que l’é­tendue de la présence de Nutri-Score dans l’off­re de Carrefour s’inscrit dans le cadre de l’ini­tiative plus large « Act for Food ».

Lancée en 2018, cette initiative vise à améliorer le rapport qualité-prix des produits Carrefour tout en renforçant la transparence dans la production alimentaire. Le programme implique directement les fournisseurs alimentaires dans ces efforts.

« Aujourd’hui, je souhaite aller plus loin en fournissant encore plus d’informations à nos clients sur le profil nutritionnel des produits que nous vendons afin de les aider à faire des choix qui mènent à une consommation plus saine et plus durable », a écrit M. Bompard.

Parmi les fournisseurs visés par cette lettre figure Danone, la multinationale française de l’agroalimentaire, qui a récemment annoncé son intention de réduire de manière significative l’utilisation du Nutri-Score sur ses emballages.

Danone a justifié cette décision par la récente révision de l’algorithme sous-jacent de Nutri-Score.

« Cette évolution donne une image erronée de la qualité nutritionnelle et fonctionnelle des produits laitiers et végétaux à boire, ce qui n’est pas conforme aux recommandations alimentaires européennes », a déclaré l’entreprise.

Nutri-Score a été adopté par plusieurs pays européens, bien qu’il reste facultatif pour les fournisseurs dans tous les cas.

L'initiative de Carrefour intervient alors que l'avenir de Nutri-Score en Europe est de plus en plus incertain.

Alors que la nouvelle Commission européenne entame son mandat le 1er décembre, le nouveau commissaire à la santé et au bien-être animal, Olivér Várhelyi, a exclu que l’UE adopte Nutri-Score comme système officiel d’étiquetage nutritionnel à l’échelle européenne au cours de la prochaine législature.