L'Europe revoit ses critères de référence en matière de qualité de l'huile d'olive
Le commissaire Dacian Cioloş a annoncé une révision en réponse à la demande formulée par des députés italiens visant à abaisser la teneur maximale en esters alkyliques de l'huile d'olive vierge extra.

La Commission européenne a lancé une consultation sur d'éventuelles modifications de ses règles relatives aux tests sur l'huile d'olive.
Le commissaire européen à l'Agriculture et au Développement rural, Dacian Cioloş, a récemment annoncé cette initiative en réponse à une demande visant à abaisser la limite fixée pour les esters alkyliques dans l'huile d'olive extra vierge.
Il répondait ainsi à une question parlementaire écrite posée par des députés italiens qui avaient demandé si la Commission avait l'intention de réviser le règlement européen n° 61/2011 « afin de l'aligner sur les nouvelles exigences du marché en abaissant le seuil d'esters alkyliques de 75 mg/kg à 30 mg/kg et de garantir ainsi la qualité de l'huile d'olive extra vierge authentique ».
Dans leur préambule, les députés ont déclaré que le seuil actuel – 75 mg/kg – n’était pas suffisamment strict pour protéger les producteurs et empêcher la diffusion de mélanges impurs contenant de l’huile lampante, « qui sont encore trop souvent disponibles sur le marché en raison de la chute des prix de l’huile d’olive extra vierge ».
« Le début de la campagne oléicole 2011-2012 a en effet une nouvelle fois été marqué par des prix d’achat en gros trop bas, incapables de couvrir ne serait-ce que les coûts de production. Cela a suscité, à juste titre, une vive réaction de la part des producteurs et des mouliniers, exaspérés par les falsifications qui provoquent des distorsions du marché et bafouent les droits des consommateurs », ont-ils écrit.
« La Commission européenne ne considère-t-elle pas qu’il est d’une importance fondamentale de veiller à ce que les consommateurs bénéficient de garanties quant à la composition réelle de l’huile qu’ils achètent et ne soient pas induits en erreur, mais reçoivent des informations précises au moment de l’achat ? », ont-ils également demandé.
Dans une réponse écrite datée du 27 janvier, M. Cioloş a déclaré que les limites fixées pour le paramètre des esters alkyliques étaient conformes à l’avis du groupe d’experts chimistes de l’UE et aux travaux pertinents menés par le Conseil oléicole international.
« En ce qui concerne la qualité de l’huile d’olive, la Commission a récemment lancé une consultation auprès des parties prenantes concernées afin d’examiner l’opportunité d’éventuelles adaptations de la norme relative à l’huile d’olive », a-t-il déclaré.
Par ailleurs, le paramètre des esters alkyliques figure également à l’ordre du jour du groupe consultatif de la CE sur les olives et les produits dérivés, qui ne représente pas l’avis de la CE mais recueille le point de vue des représentants de la communauté agricole.
Le procès-verbal d’une de ses réunions de l’année dernière indiquait, après un débat sur la nécessité de modifier ce paramètre, que « … avant de présenter une demande officielle de révision de la méthode, les membres du groupe devraient recueillir suffisamment de données et acquérir davantage d’expérience ».
« Le représentant de la Commission a pris note des préoccupations des participants, mais a souligné la nécessité de disposer d’un dossier solide étayé par des données. De plus, concernant l’évolution du taux d’esters alkyliques au fil du temps, la seule information disponible est un document indiquant qu’a priori, ce taux pourrait augmenter avec le temps. Il semble toutefois que si le taux initial est faible, cette augmentation ne se produirait pas au fil du temps. »
« En conclusion, la Commission accueillera favorablement toute preuve scientifique démontrant le contraire ou toute proposition de nouvelles méthodes. Le président a proposé d’attendre encore un an afin de recueillir davantage de données sur la question », conclut le procès-verbal du groupe consultatif.