L'absence des pays riches à la COP16 entrave le financement de la biodiversité

En l'absence de contribution des États-Unis et de la Chine, les délégués de la COP16 ont déclaré être parvenus à un accord sur le financement de la protection de la biodiversité.

Un grand nombre de délégués internationaux se sont réunis à Rome, s'engageant à renforcer leur engagement en faveur de la conservation de la biodiversité à l'échelle mondiale.

À la dernière minute, la Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique des Nations Unies (COP16) a finalisé une stratégie très attendue visant à mobiliser et à allouer des fonds mondiaux pour lutter contre la perte de biodiversité.

La biodiversité ne peut pas attendre un processus bureaucratique qui s’éternise, alors que la crise environnementale continue de s’aggraver. Les forêts brûlent, les rivières agonisent et les animaux disparaissent.- Juan Carlos Alurralde Tejada, délégué bolivien à la COP16

Par ailleurs, la COP16 a approuvé des mécanismes renforcés pour la planification, le suivi, l’établissement de rapports et l’examen de la mise en œuvre du Cadre mondial pour la biodiversité (GBF) de Kunming-Montréal, établi lors de la COP15.

Le GBF est considéré comme un cadre essentiel qui donne une structure et un impact aux efforts mondiaux de conservation de la biodiversité.

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Son objectif principal est d’enrayer la perte de biodiversité en préservant au moins 30 % des zones terrestres et marines de la planète d’ici 2030.

Le GBF vise à étendre les écosystèmes naturels d’ici 2050, reconnaître à sa juste valeur le rôle essentiel de la biodiversité dans le développement durable, faciliter le partage des ressources génétiques et des connaissances pour renforcer la biodiversité et accroître le financement en faveur des pays les moins avancés, faisant ainsi de la conservation de la biodiversité une opportunité de développement majeure.

Parallèlement, la COP16 a approuvé la création du Fonds de Cali, destiné à garantir la répartition juste et équitable des avantages découlant des informations sur les séquences numériques relatives aux ressources génétiques.

Le fonds tire son nom de Cali, en Colombie, où s’est tenue la session inaugurale de la COP16 en novembre.

La conférence de Rome a également accordé aux peuples autochtones des sièges permanents, leur permettant ainsi d’exprimer leurs points de vue directement lors des futures COP sur la biodiversité.

La ministre colombienne de l’Environnement et présidente de la COP16, Susana Muhammad, a salué cet accord comme « historique », soulignant que « nous avons donné des jambes, des bras et de la force au Cadre de Kunming-Montréal pour la biodiversité ».

Jessika Roswall, commissaire européenne chargée de l’environnement, de la résilience de l’eau et d’une économie circulaire compétitive, a déclaré que cet accord « garantissait une feuille de route mondiale pour soutenir le financement de la biodiversité au-delà de 2030 ».

« Les résultats de cette réunion démontrent que le multilatéralisme fonctionne et sert de vecteur pour forger les partenariats nécessaires à la protection de la biodiversité et à la promotion de la paix avec la nature », a ajouté Astrid Schomaker, secrétaire exécutive de la COP16.

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Elle a en outre souligné que le monde est sur le point de se doter des « moyens de combler le déficit de financement de la biodiversité ».

La participation active des nations les plus riches aux efforts mondiaux en faveur de la biodiversité reste un défi crucial pour la COP16. La première session de la conférence à Cali s’est achevée sans accord.

Bien qu’un accord ait été conclu à Rome, la question du financement reste en suspens. Les grandes puissances économiques telles que la Chine et les États-Unis n’y ont pas participé.

De plus, aucun des engagements financiers discutés lors de la conférence n’est juridiquement contraignant. Toutefois, l’accord prévoit un fonds de 200 milliards de dollars (183 milliards d’euros) destiné à soutenir les efforts mondiaux en faveur de la biodiversité, financé par les gouvernements et des entités privées.

« Plus que toute autre question, la mise en œuvre réussie du Cadre mondial pour la biodiversité dépendra de la capacité du monde à atteindre ses objectifs de financement », a déclaré Brian O’Donnell, directeur du groupe de plaidoyer Campaign for Nature.

Le GBFF, le fonds destiné à soutenir la mise en œuvre du GBF, dispose actuellement de 382 millions de dollars (350 millions d’euros), un montant bien inférieur aux milliards promis lors de la Conférence.

Seule une poignée de pays contribuent au GBFF, notamment le Royaume-Uni, l’Allemagne, le Danemark, l’Espagne, la Norvège, le Japon, la Nouvelle-Zélande, le Canada, la France, l’Autriche et le Luxembourg.

Le délégué bolivien Juan Carlos Alurralde Tejada a déclaré au Guardian que l’incertitude quant à savoir qui est prêt à payer et comment les fonds seront distribués sape l’effort mondial.

« La biodiversité ne peut pas attendre un processus bureaucratique qui s’éternise, alors que la crise environnementale ne cesse de s’aggraver », a-t-il déclaré. « Les forêts brûlent, les rivières agonisent et les animaux disparaissent. »