Les nations signent la COP15 pour protéger l'avenir de la biodiversité

La conférence des Nations Unies tire sa révérence après plus de dix jours d'intenses négociations. L'accord qui en résulte vise à renforcer la biodiversité et à restaurer les écosystèmes.

Un accord international a été conclu dans le but de protéger 30 % des terres, des zones côtières et des océans de la planète, ainsi que 30 % des écosystèmes dégradés, d’ici 2030. Ce pacte vise à lutter contre la perte de biodiversité, à restaurer les écosystèmes et à protéger les droits des peuples autochtones.

Le nouveau Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal (GBF) a été signé par les nations participant à la Conférence des Nations unies sur la biodiversité (COP15) qui s'est tenue à Montréal, au Canada.

Du 7 au 19 décembre, des centaines d’associations autochtones, d’écologistes, de chercheurs et de chefs d’entreprise du monde entier se sont joints aux ministres de l’Environnement de près de 200 pays pour faire face à la crise de la biodiversité qui paralyse la planète.

Les signataires du GBF ont également convenu d'allouer de nouveaux fonds aux pays les moins avancés et aux pays en développement dans le but de renforcer la biodiversité.

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« Les enjeux ne pourraient être plus importants : la planète connaît un déclin dangereux de la nature dû à l’activité humaine. Elle subit la plus grande perte de vie depuis l’extinction des dinosaures. Un million d’espèces végétales et animales sont aujourd’hui menacées d’extinction, dont beaucoup d’ici quelques décennies », a écrit le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) dans une note annonçant le nouvel accord.

Ce cadre devrait permettre d’atteindre plusieurs objectifs mondiaux prioritaires, notamment la réduction par dix du taux d’extinction de toutes les espèces d’ici 2050 et la fin de l’extinction des espèces menacées causée par l’homme.

Parmi les autres engagements importants de l’accord figurent l’élaboration d’une approche durable et l’utilisation de la biodiversité pour reconnaître la valeur de la nature. L’accord vise également à partager équitablement les avantages des ressources génétiques et des informations sur les séquences numériques.

Les États-Unis et le Vatican n’ont pas participé à la Convention ni signé l’accord final.

Néanmoins, l’envoyée spéciale de l’administration américaine pour la biodiversité, Monica Medina, a rencontré les délégués de la COP15 et discuté des stratégies actuelles des États-Unis en matière de biodiversité, qui comprennent la protection d’au moins 30 % des terres et des océans ainsi qu’une participation constante au Fonds pour l’environnement mondial des Nations unies.

Pour entrer en vigueur, le cadre devra être ratifié et adopté par les pays signataires. « Le succès se mesurera à nos progrès rapides et constants dans la mise en œuvre de ce que nous avons convenu. L’ensemble du système des Nations unies est mobilisé pour soutenir cette mise en œuvre afin que nous puissions véritablement faire la paix avec la nature », a déclaré Inger Andersen, directrice exécutive du PNUE.

L'accord final énumère également 23 objectifs sectoriels. Ceux-ci comprennent la restauration de 30 % des écosystèmes terrestres et marins, la réduction à un niveau proche de zéro de la perte de zones riches en biodiversité d'une importance majeure, et la réduction de moitié du gaspillage alimentaire mondial.

Le cadre comprend une série d’engagements financiers et de crédits destinés à avoir un impact sur la biodiversité. Il demande aux pays participants de réduire d’au moins 500 milliards de dollars par an les subventions qui nuisent à la biodiversité, telles que celles soutenant l’industrie des combustibles fossiles. Les pays devraient accompagner cette réduction par des mesures incitatives en faveur des entreprises développant des solutions respectueuses de la biodiversité et de la conservation.

L'accord prévoit également 200 milliards de dollars par an pour financer des projets liés à la biodiversité. Ces fonds s'ajouteront aux 30 milliards de dollars au moins que les pays développés verseront chaque année aux pays en développement. Ces fonds contribueront à soutenir les objectifs du cadre.

Enfin, les objectifs du GBF exigent des entreprises transnationales et des institutions financières qu'elles surveillent, évaluent et divulguent de manière transparente les risques et les impacts sur la biodiversité générés par leurs activités, leurs portefeuilles, leurs chaînes d'approvisionnement et leurs chaînes de valeur.

Comme le rapporte The Guardian, le ministre de l’Environnement et du Changement climatique du Canada, Steven Guilbeault, a qualifié cet accord de « victoire majeure pour notre planète et l’humanité tout entière, traçant une nouvelle voie loin de la destruction incessante des habitats et des espèces ».

« Les gouvernements ont choisi le bon côté de l’histoire à Montréal », a déclaré à Reuters le directeur général du Fonds mondial pour la nature (WWF), Marco Lambertini. Mais il a averti que le GBF « pourrait être compromis par une mise en œuvre lente et l’incapacité à mobiliser les ressources promises. Il manque également un mécanisme de renforcement obligatoire qui obligerait les gouvernements à intensifier leurs actions si les objectifs ne sont pas atteints. »

« Ne vous y trompez pas : il s’agit d’un résultat historique pour la nature. Le Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal fournit un plan d’action international attendu depuis longtemps pour guider notre redressement collectif de la situation de la nature au cours de cette décennie cruciale », a déclaré Andrew Deutz, directeur des politiques mondiales, des institutions et du financement de la conservation chez The Nature Conservancy, dans une note.