Le Conseil de l'olivier prolonge le mandat de Barjol
Malgré les objections de la Turquie, les membres de l'organisation intergouvernementale ont voté en faveur de la prolongation du mandat du directeur exécutif jusqu'en 2015.

Le Conseil des membres du Conseil oléicole international (COI), l’organisation intergouvernementale chargée par ses membres d’administrer l’Accord international de 2005 sur l’huile d’olive et les olives de table
, qui arrive bientôt à échéance, a prolongé d’un an le mandat de son directeur exécutif, Jean-Louis Barjol.
Lors de la 102e session du Conseil qui s’est tenue à Madrid la semaine dernière, les membres ont convenu, malgré l’opposition de la Turquie
, qui préside le COI, de maintenir le directeur en fonction jusqu’en 2015. Le contrat de M. Barjol devait expirer ce mois-ci, tout comme la charte régissant le fonctionnement du Conseil.
Lors de la réunion, le Conseil des membres a approuvé un rapport de son Comité économique sur la production, la consommation, les importations et les exportations mondiales d’huile d’olive pour les deux dernières saisons, ainsi que les estimations pour cette année qui prévoient une baisse de la consommation d’huile d’olive sur tous les principaux marchés, notamment en Europe, aux États-Unis, en Chine et au Japon.
Par ailleurs, le COI a indiqué avoir agréé cette année 65 laboratoires d’analyses chimiques et 57 laboratoires d’analyses sensorielles, et avoir organisé des réunions sur la composition de l’huile d’olive, l’évaluation organoleptique et les nouvelles méthodes d’analyse.
Pour 2015, les membres ont approuvé une série d’activités, notamment la poursuite d’un programme d’assistance technique, un fonds de bourses pour des études universitaires sur l’huile d’olive et quatre cours internationaux destinés aux responsables de panels de dégustation d’huile d’olive, aux méthodes chimiques, à la réutilisation des sous-produits et aux contrôles intégrés.
COMMUNIQUÉ DU COI : 102e Conseil des membres
Les membres ont accepté un budget pour 2015, mais celui-ci n’a pas été formellement adopté pour des raisons que le COI n’a pas précisées dans sa déclaration. Une session extraordinaire prévue en février adoptera le budget et d’autres mesures en suspens, a indiqué le COI.
Les membres ont convenu de poursuivre les travaux de rédaction du nouvel accord international qui servira de mandat à l’organisation.
La Turquie s’était opposée à une proposition visant à prolonger le contrat de M. Barjol au motif que cela « ne tiendrait pas compte de l’expérience institutionnelle du Conseil en matière de résolution des problèmes », mais les membres ont tout de même prolongé son mandat, gagnant ainsi du temps pour remanier l’accord international.
Les quatre années de M. Barjol à la COI ont été une période de défis majeurs pour le secteur. Sa promesse de campagne initiale d’impliquer les États-Unis, voire de les accueillir en tant que membre de la COI, ne s’est jamais concrétisée. Au contraire, les efforts des producteurs américains en plein essor, et de leurs homologues australiens partageant les mêmes idées, ont eu pour effet de marginaliser l’organisation intergouvernementale à chaque occasion.
Malgré un flux constant de données scientifiques confirmant les bienfaits incomparables de la consommation d’huile d’olive pour la santé et la richesse émergente de marchés gigantesques comme la Russie, l’Inde et la Chine, la consommation mondiale d’huile d’olive est aujourd’hui inférieure à ce qu’elle était lorsque Barjol a pris ses fonctions, ne parvenant même pas à progresser au rythme de la croissance démographique au cours de son mandat.
Le point le plus bas de l’administration Barjol a peut-être été atteint début 2013, lorsque l’impasse budgétaire de l’organisation l’a contrainte à fonctionner dans une situation de flou qui a empêché M. Barjol de se rendre à une réunion clé du Codex pour représenter le secteur.
Des révélations très médiatisées, telles que le livre Extra Virginity de Tom Mueller, un rapport critique de l’université de Californie à Davis et une infographie du New York Times, ont continué à ternir la réputation de l’huile d’olive en général et à semer la confusion chez les consommateurs, tandis que des campagnes bien financées par les producteurs d’huiles de graines ont volontiers tiré parti des querelles internes du secteur.
Signe du peu de bonnes nouvelles enregistrées pendant son mandat, M. Barjol a lancé fin 2012 une initiative
visant à encourager « les articles positifs des journalistes sur l’industrie de l’olive », en offrant 5 000 € pour le meilleur article « suscitant l’envie de découvrir et d’apprécier l’huile d’olive et les olives de table » — pour finalement annuler le concours après la date limite en raison d’un manque de candidatures.