Le nouveau secteur de l'huile d'olive en Inde
1,2 milliard d'Indiens commencent à découvrir l'huile d'olive, et les nouvelles plantations du Rajasthan et du Gujarat s'avèrent très prometteuses. L'Inde se lance désormais véritablement dans la production d'huile d'olive.

Un agriculteur de l'Himachal Pradesh (Photo : Michael Foley)
Le marché de l'huile d'olive en Inde connaît une croissance de 50 % et la production, qui va démarrer très prochainement, va renforcer ce potentiel et cette demande.
L'huile d'olive en Inde en est à ses balbutiements, ne représentant qu'environ 0,1 % des 3,5 millions de tonnes du marché des huiles alimentaires de marque dans le deuxième pays le plus peuplé au monde.
Le consommateur indien utilise généralement plusieurs huiles en même temps. Les huiles sont choisies en fonction des recettes et leur intensité d’utilisation varie. Compte tenu de cela et avec des importations en hausse à 6 798 tonnes, les perspectives de croissance pour les plantations sont énormes. Ces petits fruits verts ont le potentiel de changer le destin des agriculteurs.
Bien sûr, l’Inde connaît les olives depuis l’époque bouddhiste, le Tripitaka contenant d’innombrables références à la destruction de jaitavans (oliviers) par des moines après l’achat de terres. La première expérience de plantation d’oliviers a été lancée en 1885 au Cachemire, dans le cadre d’un partenariat indo-italien. D’autres expériences ont inclus le projet indo-espagnol pour les plantations d’oliviers de l’Himachal Pradesh. Aucune n’a réussi à mettre en place une production d’olives à grande échelle.
Les plantations d’oliviers au Rajasthan ont débuté en novembre 2006 et ont donné des fruits l’année dernière. Avec l’arrivée des pressoirs cette saison, l’Inde se prépare à une culture d’olives fructueuse et les résultats des sept exploitations du Rajasthan sont en effet très encourageants.
Suite au succès de cette initiative, le gouvernement étudie actuellement la possibilité de développer la culture de l'olivier dans cinq autres États. L'État du Cachemire expérimente 60 variétés provenant des États-Unis, d'Égypte et d'Italie. Six variétés ont donné de très bons résultats. Les plantations d'oliviers du Gujarat affichent également une culture fructueuse. Les différentes stations oléicoles de l'Himachal Pradesh se multiplient rapidement et ont besoin de méthodes adaptées pour développer davantage la plantation. L'Inde se lance désormais véritablement dans la production d'huile d'olive.
Grâce à des campagnes telles que « Olive it Up » et à des entreprises comme Borges et Leonardo qui investissent pour développer leurs marques, le marché s’élargit et les Indiens sont de mieux en mieux informés sur la qualité de l’huile. La répartition actuelle de l’huile d’olive est de 55 % d’huile pure, 25 % d’huile de grignons et 20 % d’huile extra vierge. Le commerce de détail est clairement dominé par l’huile d’olive pure, qui représente 62 % en volume et 65 % en valeur.
L'huile d'olive se taille enfin une place sur le marché indien des huiles alimentaires. Le commerce de détail est le segment le plus important, représentant 75 à 80 % des ventes ; le segment institutionnel reste modeste, avec 30 % de la consommation (dont 80 % du volume institutionnel revient au secteur HORECA). Avec 60 % du marché national contrôlé par trois entreprises en Inde, et l'Espagne et l'Italie représentant 90 % des importations, il existe clairement un potentiel pour d'autres entreprises et producteurs de pénétrer le marché, et on s'attend à ce que d'autres le fassent.
Les futurs producteurs ont besoin de conseils avisés avant de décider de la marche à suivre, car un certain nombre de facteurs, notamment la variété végétale, les conditions climatiques et pédologiques ainsi que l’irrigation, varient d’un État à l’autre et doivent être analysés avec soin. L’émergence de cabinets de conseil comme Oliva International, dotés d’une dimension internationale, est un signe encourageant pour le secteur des plantations en Inde.
D'autre part, les projets gouvernementaux ne devraient pas se concentrer uniquement sur les plantations et les opérations de rachat, mais aussi fournir une recherche structurée sur les plantations et les variétés d'olives ; les initiatives du ROCL en faveur de la plantation d'oliviers sont donc encourageantes.
Un hectare de terre ne coûte que 15 520 roupies à l'agriculteur, alors que le coût réel s'élève à 60 145 roupies, ce qui représente une subvention de près de 75 % ; l'agriculteur ne doit payer à la pépinière que le montant de la subvention, soit 28,75 roupies par pied. Il ne fait aucun doute que l'olivier constitue une option très avantageuse et rentable pour la diversification des cultures, et la situation où la demande en huile d'olive dépasse l'offre ne devrait pas changer dans un avenir proche.
Les olives indiennes seront très demandées en Inde ainsi qu’à l’exportation vers d’autres pays dès que ces futures plantations commenceront à produire. Une norme pour l’huile d’olive est absolument nécessaire en Inde, tant pour l’importation que pour la production. La FSSAI doit en prendre conscience.
Le gouvernement a approuvé les investissements directs étrangers dans le commerce de détail multimarques en Inde, ouvrant ainsi la voie aux détaillants étrangers pour qu'ils établissent une présence à grande échelle en Inde. Actuellement, l'Inde est considérée par les cabinets de conseil en gestion comme l'une des principales destinations d'investissement dans le commerce de détail.
Le marché indien de l'huile d'olive, qui s'élevait à 520 millions de roupies jusqu'en 2006, atteint désormais 3,8 milliards de roupies. Avec cette croissance prévue qui devrait atteindre 5,5 milliards de roupies d'ici fin 2012 et, selon l'Association indienne de l'olive, 25 000 tonnes en 2020, les fabricants et producteurs internationaux d'huile d'olive prévoient de s'implanter rapidement sur le marché indien. Il ne fait aucun doute que « MAINTENANT » est le meilleur moment pour investir dans des plantations, en particulier pour les nouvelles marques qui souhaitent se faire connaître.
Ces adoptions de nouvelles cultures et techniques agricoles pourraient-elles constituer un tremplin vers la deuxième révolution verte en Inde ?