Un mémorandum du Conseil de l'olivier fait état d'une « inquiétude » concernant les normes australiennes

Dans une note adressée à Standards Australia, au Codex ainsi qu'aux ministères australiens de l'Agriculture et des Affaires étrangères, le COI a exposé ce qu'il considère comme une évolution préoccupante.

En janvier dernier, lorsque l’Australie et la Nouvelle-Zélande ont proposé de nouvelles normes relatives à l’huile d’olive s’écartant de celles établies par le Conseil oléicole international (COI), ce dernier a publié une déclaration qualifiant cette mesure d’éventuel « obstacle au commerce » tout en recommandant de la reconsidérer.

Intitulée « Commentaires du COI sur le projet de norme australienne/néo-zélandaise relative aux huiles d’olive et aux huiles de grignons d’olive », cette déclaration énumérait une vingtaine de « divergences » concernant notamment les définitions, les catégories d’huile d’olive et les méthodes d’analyse figurant dans les lignes directrices proposées, qui différaient des normes du COI ou n’y figuraient pas. « Il serait opportun », a déclaré le COI, « que le projet de norme australien/néo-zélandais soit réexaminé ».

Ainsi, le mois dernier, lorsque les nouvelles règles volontaires ont été adoptées par Standards Australia (la Nouvelle-Zélande ayant décidé de ne pas y adhérer), tous les regards se sont tournés vers le COI, dans l’attente d’une réprimande sévère.

Cette réprimande est arrivée. Dans une copie d’un mémorandum officiel obtenu par Olive Oil Times et envoyé la semaine dernière par le Secrétariat exécutif du Conseil à Standards Australia, au Codex Alimentarius et aux ministères australiens de l’Agriculture et des Affaires étrangères, le COI a exposé ce qu’il considère comme une évolution préoccupante.

Bien que l’Australie ne soit pas membre de l’organisation intergouvernementale, elle participe néanmoins aux activités du COI et est tenue « en permanence informée de ses travaux », commence le mémorandum.

Qualifiant l’élaboration des définitions et des caractéristiques analytiques incluses dans les normes commerciales de « l’une des tâches réglementaires les plus importantes » de la COI, le document poursuit en décrivant les efforts entrepris par cette organisation sous l’égide des Nations unies dans le cadre de ce mandat.
Voir aussi : Mémorandum
du COI L’une de ces initiatives est la réunion annuelle du groupe d’experts chimistes du COI, issus du monde entier, y compris d’Australie, afin d’examiner et d’améliorer les méthodes d’analyse (cette réunion se tiendra la semaine prochaine à Madrid, et l’un des sujets de discussion portera sur les normes australiennes, selon un participant au fait de l’ordre du jour). Les modifications apportées aux normes internationales le sont, explique le COI, « à la lumière des avancées scientifiques » et avec un large consensus, afin d’améliorer la qualité de l’huile d’olive et de « garantir la transparence sur les marchés internationaux ».

En collaboration avec des organisations internationales telles que le Codex Alimentarius, l’Organisation internationale de normalisation (ISO) et l’Organisation mondiale du commerce, le COI a déployé des « efforts considérables » pour parvenir à une harmonisation avec ces organismes en vue de la protection de la santé des consommateurs et du commerce équitable. Dans cet esprit, explique la lettre du COI, il a également travaillé avec des associations australiennes pour mettre en œuvre un programme de contrôle de la qualité visant à « effectuer des contrôles de la qualité des produits dans des laboratoires reconnus à l’aide de méthodes actualisées ».

Ces méthodes n’auraient pas inclus la mesure des pyropheophytines ou des diglycérides — deux limites fixées dans les nouvelles directives australiennes et identifiées dans le mémorandum du COI comme des écarts significatifs par rapport à la norme internationale établie. Selon l’American Oil Chemists’ Society, le dosage des pyropheophytines aide à détecter les huiles d’olive traitées thermiquement et à estimer l’âge de l’huile, tandis que les 1,2-diglycérides sont une caractéristique de l’huile d’olive fraîche.

Le COI fait également valoir que les limites plus élevées de campestérol prévues par la norme australienne, qui peuvent indiquer la présence d’huiles de graines, pourraient entraîner une augmentation de la quantité d’huile d’olive frelatée sur le marché si les autres restrictions ne sont pas ajustées en conséquence. Et les nouvelles directives australiennes en matière de désignation des produits, qui, par exemple, interdisent les classifications telles que « pure » et « légère », risquent de semer la confusion chez les consommateurs et d’entraver les échanges commerciaux.

La note verbale de l’OCI, ou communication diplomatique, se termine en appelant les différentes organisations à contribuer à mettre fin aux « pratiques commerciales déloyales ou aux obstacles potentiels au commerce, à instaurer des échanges plus transparents, à lutter contre la fraude et à protéger les consommateurs grâce à l’harmonisation et au respect des normes internationales ».