Des associations de santé publique exhortent l'Union européenne à accélérer la mise en place d'étiquettes nutritionnelles sur le devant des emballages alimentaires

Une lettre ouverte adressée à la Commission européenne mettait en garde contre tout nouveau retard dans l'adoption des étiquettes nutritionnelles sur le devant des emballages. Cette lettre a été signée par le Réseau européen du cœur, l'Alliance européenne pour la santé publique, l'Organisation des consommateurs et de nombreuses autres organisations.

De nombreuses organisations européennes de santé et de défense des consommateurs demandent à la Commission européenne de ne pas retarder davantage l'adoption des étiquettes nutritionnelles sur le devant des emballages (FOPNL), prévues par la stratégie européenne «De la ferme à la table». Dans une lettre ouverte, elles ont souligné qu'il était urgent d'adopter ces étiquettes afin de protéger la santé des consommateurs dans l'Union européenne.

Voir aussi : Des études indiquent que des étiquettes telles que Nutri-Score aident les consommateurs à faire des choix sains

L'Alliance européenne pour la santé publique (EPHA), le Réseau européen du cœur (EHN) et l'Organisation des consommateurs (BEUC) ont noté que les dernières données montrent que plus de la moitié des adultes de l'UE et un tiers des enfants sont actuellement en surpoids ou obèses.

Elles ont fait valoir que ces conditions exposent « ces citoyens à un risque significatif de diverses maladies non transmissibles telles que le diabète, les maladies cardiovasculaires et certains cancers ».

Dans leur lettre, les trois organisations ont également mis en avant des études récentes confirmant que l'obésité apparaît plus tôt et que les risques de souffrir d'obésité sont bien plus élevés dans les ménages à faibles revenus.

« Bien qu’aucun outil politique ne puisse à lui seul résoudre le problème des environnements alimentaires malsains, l’étiquetage nutritionnel sur le devant des emballages, étayé par des preuves scientifiques indépendantes solides, est une mesure reconnue par les experts de la santé comme pouvant contribuer de manière tangible à faire en sorte que le choix le plus sain soit le choix le plus facile pour les consommateurs », ont écrit les signataires.

Le débat houleux au sein de l’Union européenne sur l’étiquetage nutritionnel sur le devant des emballages a mis en évidence des divergences entre les États membres. Ces divergences d’opinion sont la principale raison des retards. La discussion a principalement porté sur le type d’étiquettes alimentaires à introduire.

Selon la lettre ouverte, les nouvelles étiquettes devraient être obligatoires pour les producteurs alimentaires, utiliser des codes de couleurs explicites et se baser sur des quantités de référence uniformes de 100 grammes et 100 millilitres afin de « permettre aux consommateurs de comparer les produits en fonction de leurs teneurs en nutriments critiques, notamment les graisses saturées, les sucres et le sel ».

Selon les signataires, ces étiquettes devraient être considérées comme un outil visant à renforcer l’éducation des consommateurs et les recommandations alimentaires.

Les promoteurs de Nutri-Score, l’étiquette alimentaire de face de paquet d’origine française, ont salué l’initiative de la lettre ouverte sur leur blog. Selon Nutri-Score, sa plateforme correspond à la description des étiquettes suggérées dans la lettre ouverte.

Nutri-Score est un étiquetage nutritionnel sur le devant des emballages (FOPNL) de type « feu tricolore » qui utilise une combinaison de cinq couleurs et lettres coordonnées pour évaluer la qualité nutritionnelle d’un produit alimentaire emballé. La note est basée sur la teneur en graisses, en sucres, en sel et en calories de l’aliment par portion de 100 grammes ou millilitres. Un « A vert » indique l’option la plus saine, et un « E rouge » désigne la moins saine.