Dans le sud-ouest de la France, on prévoit d'augmenter la production d'huile d'olive

Les responsables du Lot-et-Garonne comptent tirer parti du climat favorable et des abondantes ressources en eau pour accroître la production.

Le maire du Lot-et-Garonne souhaite développer la production d’huile d’olive dans cette région du sud-ouest de la France.

Philippe Bousquier a convoqué le mois dernier une réunion avec Yannick Masmondet, évangéliste de l’huile d’olive et fondateur du projet Oil’ive Green, afin de discuter de la culture des oliviers et de la diversification agricole.

Situé entre Bordeaux et Toulouse, le Lot-et-Garonne n’est pas réputé pour sa pro­du­ction d’huile d’olive. Cependant, un nombre croissant de vit­ci­na­res de la Gironde voisine, où se trouve Bordeaux, plante des oliviers, le climat devenant plus in­ho­s­pi­ta­ble pour la vigne et plus pro­pi­ce aux oliviers.

Voir aussi : L’huile d’olive extra vierge du Languedoc obtient la certification AOP

Carole Belbreil, l’une des pionnières de la production d’huile d’olive dans le Lot-et-Garonne, n’a produit que 150 litres en 2017. À l’époque, elle a raconté que les habitants se moquaient de leurs efforts lorsqu’elle et son partenaire ont lancé leur entreprise.

Lot-et-Garonne, France

Elle a toutefois ajouté que, comme le Lot-et-Garonne bénéficie de précipitations tout au long de l’année, la région était moins touchée par le changement climatique, ce qui en faisait un bon investissement pour la production d’huile d’olive. Un système d’irrigation goutte à goutte a également été installé pour compenser les déficits pluviométriques.

« Le réchauffement global est si évident », a déclaré Philippe de Faucamberge, l’associé de Belbreil. « C’est une bonne chose pour nous, d’autant plus que nous disposons toute l’année d’eau pompée depuis le Lot-et-Garonne, situé à 30 kilomètres de là. »

En 2016, ils ont commencé à récolter et à presser leur première huile d’olive extra vierge, commercialisée sous la marque Oliveraie du Quercy Blanc. Depuis, ils ont planté plus de 1 000 oliviers et visent à atteindre les 3 000 sur 10 hectares.

M. Bousquier, le maire, s’efforce de tirer parti des atouts du Lot-et-Garonne alors que la demande d’huile d’olive est forte en France et que la production a baissé dans le bassin méditerranéen.

Dans l’ensemble, la production d’huile d’olive en France devrait atteindre 4 400 tonnes au cours de la campagne 2023/24, dépassant le rendement de l’année dernière (3 500 tonnes) mais restant en deçà de la moyenne quinquennale de 4 620 tonnes.

Les Bouches-du-Rhône, un département du sud de la France, sont le premier producteur d’huile d’olive du pays, avec près de 1 650 tonnes par an, suivies par le Vaucluse, avec 842 tonnes produites chaque année.

Par ailleurs, le Conseil oléicole international estime que la consommation nationale devrait légèrement baisser pour s’établir à 95 000 tonnes au cours de la campagne agricole actuelle.

Pourtant, M. Masmondet y voit une opportunité d’accroître significativement la production d’huile d’olive dans tout le sud de la France afin de répondre à la forte demande et de tirer parti d’un climat de plus en plus favorable.

Après avoir travaillé dans le secteur de la production d’huile d’olive au Maroc pendant plus de dix ans, il prévoit d’offrir un soutien complet aux agriculteurs locaux.

Lors de la réunion de décembre, il a expliqué comment les agriculteurs locaux pourraient compter sur son organisation pour obtenir de l’aide dans plusieurs domaines, notamment les études de faisabilité, l’aménagement foncier, la gestion clé en main d’exploitations oléicoles et la promotion de la marque.

À court terme, Oil’live Green prévoit de planter 60 000 hectares d’oliviers en France, soit un peu plus du double de la superficie actuelle des oliveraies du pays. À terme, le cabinet de conseil espère augmenter la production afin de répondre à une part bien plus importante de la demande locale.