Le Maroc renforce la protection des huiles d'olive régionales

Le ministère marocain de l'Agriculture a lancé une nouvelle campagne de certification visant à développer les indications géographiques et les appellations d'origine protégées, l'huile d'olive figurant parmi les priorités.

Une nouvelle initiative lancée par le ministère marocain de l'Agriculture et de la Pêche vise à renforcer le profil qualitatif de plusieurs produits alimentaires locaux typiques, en mettant l'accent sur la qualité de l'huile d'olive.

En augmentant le nombre d’indications géographiques (IG) et d’AOP (Appellation d’Origine) — et en soutenant le renouvellement des labels existants — l’initiative «Richesse du Terroir » vise à renforcer les pratiques dans les oliveraies et au moulin.

Le ministère recense 80 appellations géographiques reconnues entre 2009 et 2023, dont 68 IG et six AOP. Selon les responsables, cette nouvelle initiative devrait ajouter quatre IG d’huile d’olive et au moins une AOP à ces chiffres.

Ces appellations fonctionnent d’une manière globalement comparable aux systèmes IGP et AOP de l’Union européenne, en liant les caractéristiques d’un produit à une origine définie et à des méthodes de production spécifiques.

Cette in­iti­a­tive vise é­gal­ement à amé­liorer les revenus ruraux en a­idant les pro­du­c­teurs à dif­feren­cier les huiles certi­fi­ées des produits en vrac vendus sans indi­ca­tion d’ori­gine rec­onna­ue. Le ministère a déclaré que cette stratégie protège la production traditionnelle tout en augmentant la valeur commerciale et à l’exportation.

Les principales régions productrices d’huile d’olive — en particulier dans la région de Fès-Meknès — cherchent à obtenir un statut de protection pour leur production locale, notamment dans des territoires tels que Zerhoune, Lemta Fès et Sefrou.

La certification exige des producteurs qu’ils respectent un cahier des charges technique qui définit la zone de production, les pratiques culturales, les normes de transformation et les règles de traçabilité.

(Photo : Noor Fès)

(Photo : Noor Fès)

En vertu de la loi marocaine n° 25-06 sur les indications géographiques — alignée sur les cadres internationaux de propriété intellectuelle gérés par l’OMPI —, le ministère a alloué environ 290 000 dirhams (environ 27 000 €) pour soutenir les nouvelles certifications et les renouvellements, tant pour les IG que pour les AOP. On peut citer l’exemple de l’Huile d’olive Tyout-Chiadma, une AOP qui reconnaît un lien particulièrement fort entre l’huile et sa zone de production.

Plusieurs indications géographiques d’huile d’olive sont déjà inscrites au registre national marocain des appellations protégées, tenu par l’Office marocain de la propriété industrielle et commerciale (OMPIC). Parmi celles-ci figurent des huiles telles que Essaouira Mogador, Guerrouane, Tadiynit-Nador et Oasis Skoura.

Ces appellations identifient des huiles d’olive produites dans des territoires bien délimités, ayant des racines historiques profondes dans la culture de l’olivier. L’indication géographique « Huile d’olive Essaouira Mogador », par exemple, couvre des dizaines de communes de la province d’Essaouira et exige que les olives soient cultivées et transformées au sein de la zone désignée.

Cette dernière campagne de cert­i­fi­ca­tion s’appuie sur le Plan Maroc Vert et son successeur, Génération Verte 2020–2030, qui visent à moderniser les chaînes de valeur agri­cul­tures, la pro­du­ction d’huile d’olive figurant parmi les sec­teurs pri­ori­taires.

(Photo : Noor Fès)

(Photo : Noor Fès)

Les pro­duc­teurs marocains se sont également distingués plus fré­quemment parmi les lauréats du Concours mondial d’huile d’olive du NYIOOC (NYIOOC), une tendance que de nombreux acteurs du secteur considèrent comme la preuve d’une évolution progressive vers une production de meilleure qualité et une reconnaissance internationale.

Noor Fès, un pro­duc­teur inté­gré ver­ti­calement qui exploite environ 70 000 oliviers sur 320 hectares près des montagnes du Rif, en est un ex­emple. L’entre­prise a été re­mérite­ée à plusieurs reprises au NYIOOC pour son huile de Picholine maro­caine. Le fondateur Mohammed Dakir Berrada et la directrice générale Ghizlane Tazi ont déclaré que ces récompenses démontraient que les huiles d’olive marocaines pouvaient rivaliser au niveau international tout en restant ancrées dans les variétés et les traditions locales.

« Cette excellence est le résultat de notre sélection méticuleuse de variétés de fruits… véritablement représentatives de la qualité et du caractère de notre terroir », ont-ils déclaré à Olive Oil Times après avoir remporté une nouvelle médaille d’or à New York.

Les résultats antérieurs du NYIOOC ont également mis en évidence l’évolution de la présence du Maroc dans le concours au fil du temps. Les producteurs marocains ont réalisé leur meilleure performance en 2020, remportant trois prix, après en avoir obtenu un en 2019 et aucun en 2018.

Les acteurs du secteur ont qualifié ces résultats de tournant. Djamel Belhaouci, directeur de Les Huiles Précieuses, a déclaré à Olive Oil Times que ces récompenses reflétaient l’attention croissante portée à la qualité dans le secteur oléicole marocain. « Je pense que ce n’est que le début d’une petite révolution dans le domaine de l’huile d’olive », a déclaré M. Belhaouci.

D’autres pro­duc­teurs ont sou­ligné le rôle que les concour­ses inter­na­tion­aux peuvent jouer pour aider les huiles marocaines à gagner en vis­i­bi­lité à l’é­tranger. Omar Tagnaouti, responsable des exportations et du développement au sein du groupe agricole Olea, dont la marque Zouitina a remporté une médaille d’or à New York, a déclaré que le concours offrait une plateforme mondiale. « [Le NYIOOC] nous aide à promouvoir notre marque », a-t-il déclaré à Olive Oil Times, ajoutant que cette reconnaissance confirme que le Maroc « va dans la bonne direction » en matière de qualité.