L'accord commercial entre l'UE et le Japon offre de nouvelles opportunités aux exportateurs d'huile d'olive

De nombreux produits agricoles européens bénéficieront d'une réduction des droits de douane, voire d'une exonération totale, lorsqu'ils seront exportés vers le Japon, ce qui permettra aux agriculteurs et aux exportateurs de l'UE de pénétrer un marché de 127 millions de personnes.

L'Union européenne et le Japon ont conclu un accord qui stimulera leurs échanges de biens et de services en supprimant les droits de douane et les formalités administratives fastidieuses. De nombreux produits agricoles européens bénéficieront de droits de douane réduits, voire d'une exonération totale, lors de leur exportation vers le Japon, ouvrant ainsi la voie aux agriculteurs et aux exportateurs de l'UE pour pénétrer un marché de 127 millions de personnes.

L'agriculture européenne a également de quoi se réjouir, grâce à l'accès à l'énorme marché japonais et à la protection de plus de 200 produits alimentaires et boissons typiques. – Cecilia Malmström, commissaire européenne au commerce

L'accord de partenariat économique (APE) est le fruit de longues négociations entamées en 2013. Il couvre près d'un tiers de l'économie mondiale et concerne 600 millions de personnes.

Cecilia Malmström, commissaire européenne au commerce, a déclaré que l’accord UE-Japon est le plus grand accord bilatéral jamais négocié par l’UE. « Les avantages économiques de cet accord sont évidents », a-t-elle souligné. « Cet accord ouvrira d’énormes opportunités commerciales pour les deux parties. L’agriculture européenne a également de quoi se réjouir, avec l’accès à l’énorme marché japonais et la protection de plus de 200 produits alimentaires et boissons distinctifs. »

Actuellement, les exportations annuelles de l’UE vers le Japon dépassent 58 milliards d’euros (67 milliards de dollars) pour les produits et 28 milliards d’euros (32 milliards de dollars) pour les services, et on estime que l’APE permettra aux exportateurs de l’UE d’économiser environ 1 milliard d’euros (1,16 milliard de dollars) en droits de douane chaque année.

Les droits de douane sur plus de 90 % des exportations de l’UE vers le Japon seront supprimés immédiatement lorsque l’APE entrera progressivement en vigueur début 2019. Lorsque l’accord sera pleinement mis en œuvre, 97 % des produits et services de l’UE exportés vers le Japon verront leurs droits de douane fortement réduits, voire complètement supprimés. L’accord couvre les produits industriels, forestiers, phytosanitaires, textiles et alimentaires, ainsi que les services financiers, médicaux et maritimes, et bien d’autres encore.

En matière d’agriculture, le Japon revêt une importance capitale pour les agriculteurs et les producteurs alimentaires européens. Il s’agit du quatrième acheteur de l’UE, avec des importations annuelles dépassant 5,7 milliards d’euros (6,60 milliards de dollars). L’accord permettra à la plupart des produits agroalimentaires européens, tels que le vin et le fromage, d’entrer au Japon en franchise de droits.

Mais au-delà de l'avantage évident que représente la création d'une zone de libre-échange de 600 millions de personnes, qu'apportera cet accord aux producteurs et exportateurs d'huile d'olive ?

Aucun droit de douane n'est actuellement appliqué à l'huile d'olive importée au Japon, mais d'autres barrières seront éliminées par l'accord.

Par exemple, les normes du Conseil oléicole international (COI) relatives à l'étiquetage des bouteilles contenant de l'huile d'olive ne sont actuellement pas applicables au Japon, ce qui crée des conditions peu favorables pour les exportateurs qui doivent s'adapter aux exigences spécifiques du pays en matière d'étiquetage.

En abandonnant ses propres règles d'étiquetage et en adoptant celles du COI, le Japon facilitera considérablement l'exportation de l'huile d'olive vers cette région d'Extrême-Orient pour les embouteilleurs et les exportateurs.

Par ailleurs, certaines indications géographiques (IGP) seront préservées, ce qui signifie que le Japon reconnaîtra le statut particulier des produits agricoles provenant d’une origine géographique européenne spécifique.

La Grèce, parmi d’autres États membres de l’UE, peut tirer pleinement parti de cet accord colossal. Selon la Commission européenne, les principaux produits exportés de Grèce vers le Japon sont le marbre, les pâtes alimentaires et l’huile d’olive, la valeur des exportations annuelles atteignant 121 millions d’euros (140 millions de dollars) et soutenant 2 981 emplois en Grèce.

Le Bureau des affaires économiques et commerciales de l’ambassade de Grèce à Tokyo nous a indiqué qu’il prévoyait un bénéfice indirect pour l’huile d’olive grâce à l’ouverture du marché japonais aux produits de l’UE, ce qui incitera les consommateurs à opter davantage pour des produits provenant des États membres de l’UE.

Par exemple, le fromage feta sera exonéré de toute taxe et protégé contre les produits d'imitation importés au Japon. Et comme la feta est souvent associée à l'huile d'olive dans les recettes culinaires, on espère que sa consommation pourrait, à terme, entraîner une augmentation de la consommation d'huile d'olive dans le pays.

En ce qui concerne les indications géographiques, l’Office a précisé que l’accord reconnaît et protège un nombre limité d’appellations d’origine protégées (AOP) de chaque État membre de l’UE.

Pour l’industrie grecque de l’huile d’olive, l’accord reconnaît les AOP de l’huile d’olive de Sitia Lasithi (Crète) et des olives de Kalamata, ce qui signifie qu’elles conserveront leur statut distinctif sur le marché japonais. Les deux autres produits agricoles grecs qui conserveront leurs labels AOP au Japon sont la feta et le mastic de Chios.

Alors que le marché japonais de l'huile d'olive est dominé par l'Espagne et l'Italie, l'accord sans précédent entre le Japon et l'Union européenne visant à créer une immense zone de libre-échange offrira aux exportateurs et aux commerçants l'occasion de pénétrer ce marché vaste et désormais plus accessible.