Un rapport met en garde contre les conséquences du changement climatique en Asie

La Banque asiatique de développement met en garde contre le fait que la santé humaine et la sécurité alimentaire dans la région Asie-Pacifique sont menacées si aucune mesure n'est prise pour lutter contre le changement climatique.

Un rapport publié ce mois-ci par la Banque asiatique de développement (BAD) met en garde contre les conséquences du réchauffement climatique dans la région Asie-Pacifique.

Intitulée « Une région en danger : les dimensions humaines du changement climatique en Asie et dans le Pacifique », cette étude est le fruit d’une collaboration entre la BAD, dont le siège est à Manille, et l’Institut de recherche sur les impacts climatiques de Potsdam (PIK).

« Les pays asiatiques ont l’avenir de la Terre entre leurs mains. S’ils choisissent de se protéger, ils contribueront à sauver la planète tout entière. » – Hans Joachim Schellnhuber, Institut de recherche sur les impacts climatiques de Potsdam

La BAD a averti dans un communiqué de presse que « la crise climatique mondiale est sans doute le plus grand défi auquel la civilisation humaine est confrontée au XXIe siècle, la région Asie-Pacifique se trouvant au cœur de ce phénomène. Abritant les deux tiers des pauvres du monde et considérée comme l’une des régions les plus vulnérables au changement climatique, les pays d’Asie et du Pacifique courent le plus grand risque de sombrer dans une pauvreté encore plus profonde — et de subir des catastrophes — si des efforts d’atténuation et d’adaptation ne sont pas mis en œuvre rapidement et avec détermination. »

Le rapport met en garde contre le fait que les progrès réalisés en matière de développement économique et d’amélioration du niveau de vie dans la région risquent d’être facilement réduits à néant si des mesures ne sont pas prises pour limiter les émissions et la dépendance aux combustibles fossiles. Sans ces changements, le changement climatique risque d’entraîner une hausse des températures, une élévation du niveau de la mer, une perturbation des régimes pluviométriques, ainsi que des phénomènes météorologiques extrêmes et des inondations dans toute l’Asie. Ces effets peuvent avoir des conséquences humaines sous la forme de dégâts aux cultures, de difficultés à subvenir à ses besoins et d’un recours aux importations alimentaires.

Ce rapport de 131 pages s’ouvre sur une introduction à la région Asie-Pacifique, présentant sa géographie, sa population et son économie afin de fournir le contexte nécessaire à la compréhension des impacts potentiels du changement climatique sur la région. Vient ensuite une section examinant ces impacts, et plus particulièrement les changements attendus en matière de températures, de précipitations, d’élévation du niveau de la mer, d’hydrologie, de fréquence des cyclones et de risques d’inondations. La dernière partie traite des coûts humains du changement climatique et, en particulier, de son impact sur la santé humaine, les zones urbaines, la sécurité, les migrations et les réseaux commerciaux.

L’étude conclut que même si les objectifs de température de l’Accord de Paris sont atteints (c’est-à-dire en limitant le réchauffement climatique à 1,5 °C ou 2 °C), certains écosystèmes et secteurs socio-économiques de la région seront tout de même affectés, tandis qu’une absence totale de changement aura des conséquences graves sur les moyens de subsistance, la santé humaine, les migrations et le risque de conflits.

Les solutions possibles proposées pour atténuer le changement climatique dans la région Asie-Pacifique sont celles décrites dans l’Accord de Paris. Elles comprennent une décarbonisation rapide, des mesures d’adaptation visant à protéger les plus vulnérables, des projets axés sur les énergies renouvelables, ainsi que l’innovation en matière d’infrastructures et de transports.

Hans Joachim Schellnhuber, directeur de l’Institut de recherche sur les impacts climatiques de Potsdam et coauteur du rapport, a averti : « L’avenir de la Terre est entre les mains des pays asiatiques. S’ils choisissent de se protéger contre un changement climatique dangereux, ils contribueront à sauver la planète tout entière. Le défi est double. D’une part, les émissions de gaz à effet de serre asiatiques doivent être réduites de manière à ce que la communauté internationale puisse limiter le réchauffement planétaire bien en dessous de 2 degrés Celsius, comme convenu à Paris en 2015. »

« Pourtant, même s’adapter à une hausse de température de 1,5 °C représente un défi majeur », a ajouté Schellnhuber. « D’autre part, les pays asiatiques doivent donc trouver des stratégies pour garantir la prospérité et la sécurité dans le contexte d’un changement climatique inévitable, tout en s’inscrivant dans un développement mondial durable. Mais il faut noter que mener la révolution industrielle propre offrira à l’Asie des opportunités économiques sans précédent. Et la recherche des meilleures stratégies pour amortir les chocs liés aux changements environnementaux fera de l’Asie un acteur crucial du multilatéralisme du XXIe siècle. »

Dans le cadre de la lutte contre le changement climatique dans la région, la BAD a alloué 3,7 milliards de dollars en 2016, un montant qui atteindra 6 milliards de dollars d’ici 2020.