Les agriculteurs français font appel à une aide extérieure pour « professionnaliser » la production d'huile d'olive extra vierge
Après une récolte d'olives en progression mais sans plus en France, les oléiculteurs se tournent vers une entreprise espagnole pour obtenir de l'aide.
La récolte d'olives de cette année en France devrait s'élever à environ 6 000 tonnes, contre les 3 200 tonnes catastrophiques de l'année dernière. Cette progression reste néanmoins préoccupante pour le secteur. L'oliveraie française produit à peine 200 litres par hectare par an.
« On ne peut pas compter sur la nouvelle génération, elle n’a ni la passion ni le dévouement de ses parents et grands-parents.
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La France est le quatrième pays consommateur d’huile d’olive de l’UE et le cinquième au monde, avec une consommation annuelle moyenne de 110 000 tonnes. Pourtant, seuls 4 % de la consommation nationale proviennent de la production française, tandis que plus de 95 % sont importés, principalement d’Espagne, de Tunisie, du Portugal et d’Italie.
Voir aussi : Consommation et exportations d’huile d’olive – Europe
Pour le président d’Afidol, Olivier Nasles, « les méthodes de production du pays doivent être remises en question ». Le vieillissement des producteurs, l’inefficacité des méthodes de production, le changement climatique et la perte de savoir-faire empêchent les producteurs français de rivaliser avec leurs voisins.
Pas moins de 75 % des 40 000 producteurs d’huile d’olive du pays sont des exploitations familiales où la culture de l’olivier est une culture secondaire et où la nouvelle génération ne montre aucun intérêt réel pour la poursuite des activités agricoles, a déclaré M. Nasles.
Pour M. Nasles, l’agriculture familiale ne devrait plus constituer l’épine dorsale de la production française. « Nous ne pouvons pas compter sur la nouvelle génération, elle n’a ni la passion ni le dévouement de ses parents et grands-parents. »
La France a besoin de mobilité si elle veut remporter la bataille de la productivité et de la compétitivité face aux marchés émergents tels que la Tunisie et le Maroc. M. Nasles appelle ses pairs à prendre en main la stagnation de leur secteur agricole et à s’adapter, notamment au changement climatique.
Après douze ans à la tête d’Afidol, M. Nasles a présenté l’année dernière un rapport à la communauté agricole sur les aléas du marché de l’huile d’olive et a proposé une réforme en lançant le « Club Objectif 1000 ».
Cette initiative sera mise en place en collaboration avec Todolivo, l’entreprise espagnole (de Cordoue) qui œuvre à l’amélioration de la santé et de la productivité des oliveraies. Cette société de conseil accompagne ses clients depuis la plantation jusqu’au pressage et à la vente de l’huile.
Le « Club », entièrement financé par ses trente membres, est un plan triennal qui vise à former et à professionnaliser les oléiculteurs établis.
L’idée est de parvenir à une culture constante et répétitive en appliquant le savoir-faire espagnol à la culture française traditionnelle et en acquérant de nouvelles techniques d’irrigation.
Le nouveau cycle de production sera pris en charge par un technicien français sous la supervision de Todolivo. L’objectif est de produire mille litres par hectare et par an sur une superficie de 300 hectares.
Aussi critique que puisse paraître un bilan du secteur français de l’huile d’olive, il reste beaucoup d’espoir selon M. Nasles. Si certains agriculteurs parvenaient à produire, de manière régulière, 700 à 800 litres par hectare, « nous reconsidérerons et ajusterons nos méthodes ».
« Le secteur de l’huile d’olive doit se professionnaliser. »