Une variété d'olivier adaptée aux climats frais
Une conférence organisée dans l'Oregon a mis en lumière la culture grandissante d'une nouvelle génération de pionniers prêts à sortir des sentiers battus pour repenser l'origine et l'avenir de l'huile d'olive.
Le mois de février a été l'un des plus chauds jamais enregistrés en Oregon, ce qui s'inscrit parfaitement dans la fin d'un hiver exceptionnellement sec et doux. Partout dans la vallée de Willamette, les cultures ont commencé à bourgeonner et s'apprêtent, d'ici quelques semaines, à éclore dans toute la splendeur du printemps.
Les participants à la Conférence 2015 sur l'huile d'olive extra vierge des climats frais du Nord-Ouest Pacifique représentaient une nouvelle branche d'une industrie en plein essor. Des scientifiques côtoyaient des amateurs, des chroniqueurs gastronomiques de renom et des restaurateurs locaux.
Parmi le groupe se trouvait un couple d’entrepreneurs du sud de la Floride souhaitant ouvrir un moulin commercial. Ils font partie d’une communauté grandissante de passionnés prêts à sortir des sentiers battus pour réfléchir à l’origine de l’huile d’olive et à son avenir.
L'Oregon Olive Mill, hôte de la conférence, a réparti les débats sur deux jours. Le samedi était consacré aux thèmes techniques et agricoles, tandis que les discussions du dimanche portaient sur les aspects commerciaux et liés à la consommation.
L'animateur de la conférence, Paul Durant, s'est associé à Tom Vail de Calamity Hill (basé à Amity, dans l'Oregon, non loin de là) pour animer une discussion centrée sur l'état de leurs oliviers après l'hiver 2013-2014, particulièrement rigoureux, et sur la production d'huile qui en a résulté.
Contrastant avec ce point de vue sur les dangers liés à la culture de jeunes oliviers, l’écrivaine et experte en alimentation Nancy Harmon Jenkins (auteure du livre *Virgin Territory: Exploring the World Of Olive Oil*) a présenté un exposé inquiétant, intitulé *Falling Giants*, qui traitait des maladies décimant des arbres millénaires dans les Pouilles, ainsi que des perspectives pour d’autres oliveraies vénérables en Italie, en Espagne, en Grèce, au Portugal et en France.
Considérées dans leur ensemble, ces présentations ont rappelé que, indépendamment du climat et de l’héritage, les oliveraies et l’huile d’olive extra vierge restent les produits d’un équilibre agricole fragile.
Pourtant, malgré ces difficultés, Michael Pierce, fondateur du Saturna Olive Consortium, a poursuivi après le déjeuner en présentant de manière inspirante ses efforts pionniers visant à repousser les limites de l’olivier encore plus au nord, au-delà du 45e parallèle, jusqu’aux îles du golfe baignées de pluie du sud de la Colombie-Britannique.
Les discussions ont porté sur la sensibilisation des consommateurs, en tentant de répondre à la question très difficile de savoir comment favoriser la compréhension de la culture de l’huile d’olive. Le docteur Miles Hassell, de Portland, co-auteur de Good Food, Great Medicine, un guide pour une vie meilleure grâce à l’alimentation, a expliqué où, selon lui (et la science en général), l’huile d’olive s’inscrit dans le spectre d’une santé optimale et de notre objectif collectif de longévité.
De la transparence et de l’étiquetage à l’objectif insaisissable de l’authenticité des produits, il était clair que les participants réunis se situaient à l’avant-garde de ce que pourrait être le prochain grand bond en avant de l’huile d’olive de climat frais au sein de cette nouvelle génération, plus soucieuse des produits.
Alors que Libby Clow, ambassadrice du programme Oregon Olive Mill, animait une dégustation en groupe de quelques variétés italiennes exceptionnelles et rares (dont beaucoup ne sont même pas disponibles à la vente aux États-Unis), le consensus parmi les palais séduits semblait on ne peut plus clair. Le point de départ crucial de la prochaine évolution serait le même que celui qui a inspiré l’idée de planter de nouvelles oliveraies dans des endroits non conventionnels : la passion alliée à un enthousiasme pionnier et inépuisable.