Deoleo et Hojiblanca reçoivent le feu vert pour former un géant mondial de l'huile d'olive
Deoleo, qui détient déjà trois des quatre plus grandes marques mondiales d'huile d'olive, sera autorisée à racheter l'immense coopérative Hojiblanca.

Un nouveau géant s'apprête à faire son entrée sur la scène mondiale de l'huile d'olive, maintenant que la fusion entre Deoleo et Hojiblanca a reçu le feu vert de l'autorité espagnole de la concurrence.
« La meilleure nouvelle pour l'économie andalouse depuis longtemps », c'est ainsi qu'un journaliste espagnol a résumé l'approbation de l'accord entre Deoleo, leader mondial des ventes d'huile d'olive en bouteille, et Hojiblanca, le plus grand producteur d'huile d'olive extra vierge.
La Commission nationale de la concurrence (CNC) a annoncé cette semaine qu’elle avait approuvé la proposition après que Deoleo (anciennement SOS) eut pris des engagements — tels que celui de ne pas divulguer certaines informations sensibles pour le marché — apaisant ainsi ses craintes quant à l’impact anticoncurrentiel de l’opération.
Hojiblanca rejoint Bertolli, Carapelli et Carbonell dans le giron de Deoleo
Deoleo, qui contrôle déjà trois des quatre plus grandes marques mondiales d’huile d’olive — Bertolli, Carapelli et Carbonell —, sera ainsi autorisée à acquérir également la marque d’huile d’olive extra vierge Hojiblanca. Et l'énorme groupe coopératif Hojiblanca — qui chapeaute 95 coopératives — augmentera sa participation dans Deoleo à 10,3 % et occupera deux des 17 sièges de son conseil d'administration.
Le site d'information espagnol El Diario a déclaré que cette fusion créerait « un conglomérat occupant une position dominante sur l'ensemble du processus, de la production au conditionnement et à la vente au détail ».
« Ces 55 000 oléiculteurs, pour la plupart andalous, , avec plus de 325 000 ha et près de 100 moulins, regroupés au sein du groupe coopératif Hojiblanca et affichant un chiffre d’affaires de 544 millions d’euros en 2012, prennent le contrôle du groupe Deoleo, premier embouteilleur mondial avec 22 % du marché mondial et près d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires, est extraordinaire », a-t-il écrit.
Les craintes de l’autorité de la concurrence
Dans un communiqué de presse, la CNC a déclaré que son enquête approfondie avait soulevé des inquiétudes quant aux effets anticoncurrentiels que pourrait avoir la fusion.
Il s’agissait notamment de l’exclusion potentielle des concurrents en aval de Deoleo, tels que ceux actuellement approvisionnés par Hojiblanca en tant que source d’huile d’olive en vrac, ainsi que des concurrents en amont, tels que les entreprises autres qu’Hojiblanca qui ont jusqu’à présent été fournisseurs de Deoleo.
Il existait également un risque de coordination des activités entre Deoleo et Hojiblanca, découlant en partie de la présence de Hojiblanca au conseil d’administration de Deoleo et du risque conséquent de partage d’informations commercialement sensibles entre des concurrents liés verticalement.
Accord approuvé après la prise de quatre engagements clés
Mais la CNC a estimé que ces problèmes seraient traités de manière adéquate dans le cadre des engagements proposés par Deoleo le 15 mars.
Le premier vise à éviter toute limitation de facto de la concurrence d’Hojiblanca sur le marché de l’huile d’olive de marque (par opposition à celui des marques de distributeur). Il exige la suppression d’une clause de l’accord entre les sociétés qui aurait fait perdre à Hojiblanca son droit à deux sièges au conseil d’administration de Deoleo si, après un accord de non-concurrence de trois ans, elle détenait plus de 2 % de ce marché en Espagne.
Le deuxième exige que les deux représentants d’Hojiblanca au conseil d’administration de Deoleo n’aient pas accès aux informations commercialement sensibles concernant les ventes d’huile d’olive conditionnée de Deoleo à des tiers, ou concernant les achats d’huile d’olive en vrac de Deoleo, et s’abstiennent de voter sur ces questions. De même, aucun membre du conseil d’administration de Deoleo ne peut solliciter d’informations commercialement sensibles auprès d’Hojiblanca concernant ses ventes en vrac à d’autres parties.
Le troisième engagement prévoit qu’au bout de trois ans, la CNC évaluera s’il y a eu un changement pertinent dans la structure ou la réglementation des marchés justifiant le maintien ou l’adaptation des conditions pour deux années supplémentaires.
Le quatrième engagement concerne le contrôle du respect des engagements et prévoit la signature d’un accord de confidentialité par le secrétaire du conseil d’administration de Deoleo ainsi que la communication de certaines informations à la CNC.
Deoleo affirme que l'accord permettra d'élargir la gamme et d'améliorer la qualité de ses marques phares, tandis que Hojiblanca estime qu'il renforcera la domination mondiale de l'huile d'olive espagnole.